DISPARITIONS
« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.
Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.
Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche
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NOS NILS NOIENT NOS NUITS NÉES NEIGES
Sans cap mais sans trêve je vogue vers l’Islande des livres qui, la nuit, remarque Borges, est « comme une voûte entre la veille et le sommeil ».
Sans cap mais sans trêve, chaque « journuit » faisant fête aux réminiscences et jeux de langages tel ce tautogramme inventé, dit-on, par Robert (le diable) Desnos : « Nos Nils noient nos nuits nées neiges. »
Et que n’ai-je vingt vies qui se fondent simultanément dans cette isle-lande façonnée par des matelots, bateliers, pasteurs sans dieux, bouchers, boulangers, aèdes de maintes Odyssées, romanichels, romanciers, chevaliers shakespeariens, croisant l’épée et l’invective, forgerons, « livreur » (qu’enfant Gaston Puel prenait pour un « faiseur de livres »), chercheurs des temps perdus, dormeurs du val et de l’amont, emmerdeurs à l’espoir jamais rassasié.
Le jeu se termine à présent par l’échange des anneaux, d’or et d’argent, d’ivoire et de lune. Un jeu nécessaire pour que dans l’avenir subsistât cet échange qui à tout prix doit demeurer ; dans le trouble et la sérénité, la non-assurance et la confiance de deux personnes « en absence », qui, à distance croisent leurs lignes et leurs esquisses, pour en lisant, en écrivant, savourer leur vulnérable et féconde proximité.
Gaston Puel (1924-2013) Le journal d’un livreur Editions l’Arrière Pays (1997) Pauline Dorio (née en 1986) La plume en l’absence (Le devenir familier de l’épître en vers de 1527 à 1555) Editions Droz 2020
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NO NI NOI NOS NUI NÉ NEI :
Pêcheur d’Islande et Moby Dick
veillent sur le sommeil
« journuit » je me mets en quatre
faisant la tête des jeux de langages
Voyons Victor Hugo :
« MIRLABABI SURLABABO
MIRLITON RIBON RIBETTE
SURLABABI MIRLABABO
MIRLITON RIBO RIBETTE »
Forgerons :
« Chi del gitano i giorni abbella ? »
(le Trouvère Giuseppe Verdi) : romanichels
Romanciers chevaliers faiseur de livres
faiseurs d’enfants : (Barbier et Carré livret de Fauste de Charles Gounod)
« Voici notre couple !
Gardons-nous d’interrompre
un si doux entretien !
Et vous, fleurs aux parfums enivrants,
épanouissez-vous à ma voix !
Emplissez l’air de vos poisons subtils !
Achevez de troubler l’âme de Marguerite ! »
chercheuse : Pauline : à chercher
michel chalandon
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