Où va la vie
La vie violette
La pâquerette
La vie qui gîte
La vie furtive
.
Où va la vie
La vie des lèvres
La vie qui lève
Tant de lièvres
.
Où va la vie
Où elle veut
À Bassan
Où les fous
Sont les rois
Des airs
Au Cannet
Où Bonnard
Peint sa Marthe
.
La vie ça réussit
Et ça rate
Votre poème avance par bonds, comme une comptine qui se laisse traverser par des associations de sons et de lieux. On y entend le plaisir des glissements : vie / violette, lèvres / lève / lièvres. Puis, presque sans prévenir, surgissent deux ancrages : Bassan et Le Cannet, où apparaît Pierre Bonnard peignant Marthe Bonnard. Le poème passe ainsi du jeu verbal à une géographie intime et artistique.
La dernière phrase est particulièrement juste :
J’aime aussi le fait que vous ne répondiez jamais vraiment à la question « Où va la vie ? ». Chaque strophe apporte une réponse différente : vers une couleur, vers un animal, vers un village, vers un peintre… jusqu’à comprendre qu’elle va simplement là où elle veut.
C’est un poème qui donne l’impression que la vie ne suit pas une ligne, mais un chemin de traverse, fait d’échos sonores, de souvenirs et d’apparitions. La conclusion en devient d’autant plus convaincante : elle ne ferme rien, elle ouvre à nouveau la question.
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