Tu repars de zéro Tu repars du néant pour faire l’essai de redonner de l’être au beau parler Tu ne fais que passer par stylo interposé ou par pinceau chinant ses caractères énigmatiques Mais aussi contrairement au dilemme shakespearien to be or not to be tu reprends le propos du maître des Essais tu peins le passage Avec légèreté et forces manières formes et mouvements Tu repars Tu fais le départ entre dire et faire faire et laisser dire Tu as deux faires au feu la parole et l’écriture le langage et la langue le vague et le divague Muse abuse ou s’abuse Tu dis stop Tu prends congé Tu lèves la main qui écrivait Tu lèves l’ancre et tu t’en vas couci-couça tracer ce dessin enfantin du 6 juillet 2026

À mes yeux, le poème et le dessin constituent un diptyque : le premier dit ce que le second accomplit. Le vers « Tu peins le passage » en est la charnière. Après l’avoir lu, on regarde le dessin autrement ; après avoir vu le dessin, on entend le poème avec un autre souffle.
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