SUR NOS TEMPES PASSE LE TEMPS

Sur nos tempes passe le temps et la nue, la nuit où, terminant mon texte manuscrit, je l’écris étendu, non dans l’herbe, mais (banalement) dans mon lit où, tout en traçant par intermittences les lettres, simultanément, je les lis.

Sur nos tempes passe le temps et sa lie, le temps mauvais des crimes de guerre, actuellement commis par un autocrate au cerveau pourri, au nom de la Sainte Russie.

Les deux trous rouges au côté droit d’un dormeur du val, jeune, tête nue, tranquille, se sont convertis en des corps déchiquetés, explosés collectivement dans des théâtres, des gares, des supermarchés et aussi, quand le missile aveugle détruit les immeubles, en de pauvres corps d’enfants serrant leurs doudous ensanglantés.

Sur mes tempes où ce que j’écris là, a quelque chose de funèbre, dans des décors noirs et rouges comme ceux de l’ancien Dieu Pan Creator.

Écrire pourquoi, si ce n’est pour ce déchirant appel à l’écriture d’un livre, heurté, troué d’éclairs, en vertu de la loi inévitable, qui veut que qu’on ne puisse imaginer que ce qui est absent.

« Plume en l’absence » et vocation d’un être proustien appréhendant, après tant de temps perdu, un peu de temps à l’état pur.

Join the Conversation

  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

1 Comment

  1. SUR NOS TEMPES PASSE LE TEMPS

    Les deux « trois » rouges au côté droit d’un dormeur du val,

    Est-ce volontaire ? J’ai butté dessus depuis ce matin  au point d’avoir écrit cela :

    Michel Chalandon

    Lecteur idéal

    • effectivement il s’agissait de deux trous rouges au côté droit
    • mais je me réjouis que l’erreur involontaire ait engendré ce texte
    • une moitié pleine de feu une moitié pleine de froid

    JJ Dorio

    • Aux éclats II

    En y pensant

    deux trous rouges 

    juste : côté soleil 

    côté droit : peu va 

    peu venu bien peu

    tiens-tu en ombres 

    les heures brisées

    : côté nécessaire

    à l’endroit dis-tu bien 

    en coin une avancée 

    Ce qui brille je tiens 

    je veille si du fond 

    la nuit nous éveille 

    ce qui brille ce qui est 

    : ni or ni miroir 

    la vie en face 

    côté gris côté vert 

    ce qui éclabousse 

    les grains les gouttes 

    les miroirs la peau

    Les pierres parfois

    et une pour  une 

    les facettes sait-on

    : goutte à goutte 

    l’eau sauve le jour 

    un temps pour en rire 

    le reste pour entendre 

    les perles une à une 

    au soleil ce qui éclate 

    la vie les heures la peau

    michel chalandon

    https://poesieafranquevaux3.blogspot.com/2025/02/du-trouble-du-contentement-iii.html

    J’aime

Laisser un commentaire