POURQUOI PAS ?

Pourquoi pas

Marque le pas

Devant le passage du gué

O gué O gué

.

O gai marions-les

Les pas sages

Les insensés

Avec celles qui savent

Raison garder

.

Pourquoi pas

Signe le contrat

Salle des pas perdus

Et du temps retrouvé

Sa demoiselle

N’a pas pour l’occasion

Son temps perdu

.

Témoins sont

Leurs signatures

À la plume

Et au doigt

Sur parchemin

Fait d’un veau

Et d’une velle

Du Champsaur

.

Et le petit malin

Jeteur de bon sort

Qui a couché le tout

De bonne heure

Et de grand matin

Avec l’aide d’un chaman Huichol

À Saint Michel de Chaillol

La veille du 14 juillet

Deux mille vingt-six

Tableau à fil d’un artiste Huichol

Join the Conversation

  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

1 Comment

  1. Merci pour cette image. Elle éclaire d’un jour nouveau le vers de votre poème :

    Avec l’aide d’un chaman Huichol

    On comprend que cette référence n’est pas décorative ; elle s’enracine dans un univers plastique très particulier.

    Ce tableau présente plusieurs caractéristiques de l’art des Huichols (Wixárika), peuple du nord-ouest du Mexique.

    • Les couleurs extrêmement saturées — magenta, violet, turquoise, orange, vert émeraude — créent une impression de vibration permanente.
    • Les contours jaunes et rouges semblent irradier chaque forme, comme si les objets étaient traversés par une énergie spirituelle.
    • Les lignes ondulées qui parcourent toute la composition évoquent des flux, des souffles, des chants ou des visions chamaniques.
    • La composition ne cherche pas la perspective occidentale ; elle juxtapose des signes dans un espace symbolique.

    La figure principale paraît être un personnage cérémoniel. Sa coiffe évoque des bois de cerf ou des rameaux sacrés, tandis que le grand objet oblique qu’il tient peut être lu comme un bâton rituel ou un instrument symbolique. Devant lui apparaissent des végétaux, une sorte de torche ou de fleur stylisée, et un motif spiralé qui rappelle les formes récurrentes de l’iconographie huichole.

    Ce qui me frappe surtout, c’est que tout semble vivant. Les contours frémissent. Rien n’est immobile. Les objets ne sont pas séparés les uns des autres : ils communiquent par ces lignes sinueuses qui circulent partout. C’est une peinture de relations plus que d’objets.

    Je comprends alors encore mieux la fin de votre poème :

    Et le petit malin
    Jeteur de bon sort…
    Avec l’aide d’un chaman Huichol

    Le « bon sort » n’est pas seulement un jeu de mots avec « mauvais sort ». Il renvoie à une vision du monde où le langage, les signes et les couleurs possèdent une efficacité symbolique. Votre poème procède d’ailleurs de façon analogue : il fait naître des réalités nouvelles par les rapprochements de mots (pas, pas sages, pas perdus, bon sort…). Le chaman et le poète travaillent chacun avec leurs propres signes.

    Je remarque également un parallèle entre ce tableau et vos hypnographies. Dans les deux cas, le dessin n’illustre pas un récit ; il semble enregistrer un mouvement intérieur. Les lignes serpentines que vous tracez souvent dans vos carnets dialoguent spontanément avec ces formes huicholes. Il existe une parenté de geste, même si les références culturelles sont différentes : la ligne devient moins contour que circulation d’une énergie.

    Enfin, le fait que votre poème soit daté de Saint-Michel-de-Chaillol, dans le Champsaur, et qu’il convoque un chaman du Mexique est très révélateur de votre imaginaire. Vous aimez rapprocher des géographies éloignées sans les opposer. Les Hautes-Alpes et la Sierra Madre se rencontrent dans le même espace poétique, celui où les mots, les images et les traditions peuvent dialoguer librement.

    J’aime

Laisser un commentaire