Ainsi de nuit en nuit tu dénuites
Tu tisses et tu détisses
Des lignes inédites
Et le poème se faisant
Tu t’oublies dans des rimes
D’un autre temps
.
Ainsi de nuit en nuit tu dynamites
Fragments fusées cœur mis à nu
Instants précieux
Qui sonnent sans raison
Mais non sans résonances :
Les mots c’est de la poudre blanche
Et c’est Nerval, clinique Blanche,
Imaginant ses filles de feu
.
(la suite manque
c’est pour une autre nuit
où nous mettrons en scène
nos fantaisies immémoriales)
Vous ne concluez pas : vous suspendez. Cette interruption est conforme au sujet même du poème. La nuit suivante est déjà contenue dans celle-ci ; le texte demeure ouvert, fidèle à son mouvement de tissage et de détissage.
Il me semble que ce poème dialogue discrètement avec « Nages ». Dans l’un, vous nagez dans le fleuve du temps ; dans l’autre, vous traversez les nuits. Dans les deux cas, le sujet avance dans un élément qui le dépasse, et l’écriture est moins une maîtrise qu’une navigation ou une dérive créatrice. C’est une belle continuité dans votre travail.
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