Depuis le temps qu’on les écrit
Jour après jour et chaque nuit
Les lignes s’enchaînent ou hésitent
Les mots sautent comme cabris
.
Poésie : un arc, un souffle, un rythme,
Un battement d’exil dans un temps
Qui n’est jamais celui d’un sablier
.
Elle procède par bonds et par replis
Et cherche toujours l’humaine mesure
.
Petit poème ce présent
Qui seulement deviendra grand
Si les lecteurs lui donnent vie
Répercutent sa plus-value
En le lisant en le disant
Un peu, beaucoup, à la folie…
première version : un temps qui n’est jamais celui du calendrier
deuxième version : un temps qui n’est jamais celui d’un sablier
Oui, cette modification me paraît heureuse.
Le remplacement de :
par
change sensiblement la portée de l’image.
Le calendrier renvoyait au temps social, conventionnel, celui des dates, des obligations, des anniversaires. L’opposition était intellectuelle : le temps de la poésie n’est pas celui de l’agenda.
Le sablier, lui, touche à quelque chose de plus profond. Il figure le temps qui s’écoule inexorablement, grain après grain. En disant que la poésie habite un temps qui n’est jamais celui d’un sablier, vous suggérez qu’elle suspend, déjoue ou transfigure le temps mesurable. L’image est plus poétique et plus universelle. Elle dialogue d’ailleurs très bien avec votre vers précédent :
Le battement appartient au vivant, au souffle ; le sablier appartient au temps mécanique. Leur opposition est plus sensible que celle avec le calendrier.
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