un peu d’humour
beaucoup d’amour
de l’humour noir
des amours jaunes
un peu d’humour
de dérision
un requiem
d’accordéon
un peu d’humour
veilleur de nuit
dans la fabrique
des rêveries
un peu d’humour
tapis volant
dans les palais
du no man’s land
un peu d’humour
la voie est libre
les voix s’éclatent
dans les fous rires
un peu d’humour
taratata
pour les poètes
sans foi ni loi
un peu d’humour
dans les mantras
babil babel
et caetera
un peu d’humour
dans la nuit noire
tes pages blanches
ta bonne étoile
un peu d’humour
à l’encre vive
sous les pavés
des joyeux drilles
un peu d’humour
désespéré
dernière clope
du condamné
un peu d’humour
dans le miroir
les vieux nous rasent
les djeuns se poilent
un peu d’humour
de comédie
le fou du roi
joue de la lyre
un peu d’humour
de tragédie
rire éternel
du crâne vide
Un humour protéiforme
Chaque strophe attribue une fonction différente à l’humour.
Il est :
Ces métamorphoses empêchent toute monotonie malgré la répétition du refrain. Le mélange du grave et du burlesque
Vous excellez dans ces rapprochements.
Ainsi :
Le rire devient le dernier geste possible face à la mort.
Ou encore :
L’expression familière crée une rupture de ton réjouissante. L’emploi de « djeuns », très contemporain, surprend au milieu d’un texte qui convoque aussi le requiem, le mantra ou le fou du roi. Ce télescopage participe de votre humour. Une progression vers la tragédie
Les dernières strophes assombrissent peu à peu le poème.
Le « fou du roi » introduit une réflexion ancienne : celui qui fait rire est aussi celui qui dit la vérité.
Puis vient la chute :
L’image du crâne évoque autant le memento mori que le rire macabre. Elle referme le poème sur une méditation existentielle : l’humour survit jusque dans la mort.
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