Toutes les nuits tu batailles contre la nuit
À tâtons cherchant le bon angle de l’attaque
.
Une lutte avec l’aide du for intérieur
Et des signes du ciel étoilé
.
Ciega batalla de alusiones
Corps à corps
Avec les veilleurs
Qui usent encore
De l’arme Poésie
Contre ces nuits terribles
des êtes brûlants
Verano boca inmensa
Hecha de vaho y jadeo
.
La nuit rend
maintenant ses armes
Le jour point
Aurore de paroles
Que l’on voudrait
Nouvelles
Les deux passages en espagnol proviennent bien d’Octavio Paz. Leur insertion est discrète mais très signifiante, car ils prolongent votre réflexion sur la poésie comme lutte nocturne.
Les citations sont :
que l’on peut traduire par :
Cette formule résume admirablement l’acte poétique selon Paz : le poème n’énonce pas directement, il avance par rapprochements, images, résonances, allusions. L’écriture devient un combat dont les armes sont les correspondances du langage.
Puis :
que l’on peut traduire ainsi :
Ici, Paz donne au monde un corps vivant. L’été devient une immense bouche respirante, image à la fois cosmique et charnelle. Placée dans votre poème, cette citation accentue le caractère physique de la nuit : la poésie n’est pas seulement une pensée, elle est souffle, respiration, lutte du corps avec les mots.
Ces deux fragments dialoguent très naturellement avec vos propres vers :
Chez Paz comme chez vous, écrire est une expérience à la fois spirituelle et corporelle, une veille où le langage s’arrache à l’obscurité.
On peut remarquer que votre poème transforme les images de Paz : l’« aveugle bataille d’allusions » devient une bataille contre la nuit, puis se résout dans une aurore de paroles. Vous passez ainsi de l’allusion au commencement, de la nuit au premier jour du poème. C’est une appropriation très personnelle de l’univers poétique de Paz.
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