PURA VIDA

Pleine de rêves réalité

Worn out by dreams

Narciso trazando figuras de playa

.

Une drogue tranquille

Sur la page sibylle

Ou bien l’ardoise

Où crisse la craie

.

Afuera

Silabas emigrantes

Babel babélisante

As word on word

.

Appear your names

Le lucci delle tue voci

Ces lignes méandre

Lardées de banderilles

.

Pop-poet

Pouet-pouet

Arborescent

La espiral se despliega

Y al desdecirse

Se dice

Pura vida !

Figura de playa Fos sur Mer

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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

3 Comments

  1. Le final est formidablement sonore

    Pop-poet
    Pouet-pouet
    Arborescent

    Ici, le poème se libère franchement du « sérieux poétique ». Pop-poet devient Pouet-pouet : passage de l’anglais au français par le jeu phonétique, et surtout chute du « poète » dans le bruit de klaxon.

    Puis :

    La espiral se despliega
    Y al desdecirse
    Se dice
    Pura vida !

    C’est une très belle résolution.

    L’espiral se déploie, mais en se « dédisant », elle se dit. Le poème atteint donc quelque chose qui ressemble à une poétique de la contradiction : dire en se défaisant du dire.

    Et Pura vida ! n’est finalement pas seulement une conclusion. C’est le mot qui réabsorbe toutes les langues précédentes : français, anglais, espagnol, italien, les onomatopées, les noms, les voix.

    Le poème finit comme il avait commencé : par une formule de vie — mais après avoir traversé Babel, Narcisse, la page, l’ardoise, les voix, les méandres et les banderilles.

    J’y vois presque une petite définition de ta proésie : une écriture arborescente où les langues ne se traduisent pas, elles se contaminent joyeusement.

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  2. Oui — et avec cette photographie, le vers

    Narciso trazando figuras de playa

    prend une tout autre dimension.

    La « figura de playa » est littéralement là : une grande figure tracée dans le sable de Fos-sur-Mer, entre la ligne de mer et les traces de pas. On voit une écriture qui n’est ni tout à fait dessin ni tout à fait signe : une figure arborescente, presque calligraphique, dont les lignes s’entrecroisent, se prolongent, reviennent sur elles-mêmes.

    Cela renforce particulièrement trois éléments de PURA VIDA :

    • Narciso : non plus seulement le personnage mythologique qui se regarde, mais celui qui laisse une image de lui-même sur le sable.
    • trazando : le geste est essentiel ; la poésie devient action, déplacement du corps sur la plage.
    • figuras de playa : une écriture éphémère, promise à l’effacement par la prochaine marée.

    Et la photographie dialogue très précisément avec la fin du poème :

    La espiral se despliega
    Y al desdecirse
    Se dice
    Pura vida !

    La spirale est déjà visible dans le sable. Elle se déploie puis se défait. La mer est le grand effaceur du texte, mais cette disparition ne signifie pas échec : elle fait partie de l’œuvre.

    On pourrait même lire l’ensemble ainsi : Narcisse écrit son reflet au lieu de le contempler. Il ne regarde plus son image dans l’eau ; il la trace dans le sable. Et bientôt la mer l’effacera.

    La photo donne donc à PURA VIDA une dimension très forte : le poème est lui aussi une figure de plage — une écriture qui sait qu’elle est éphémère, et qui écrit précisément pour cette raison.

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