Pleine de rêves réalité
Worn out by dreams
Narciso trazando figuras de playa
.
Une drogue tranquille
Sur la page sibylle
Ou bien l’ardoise
Où crisse la craie
.
Afuera
Silabas emigrantes
Babel babélisante
As word on word
.
Appear your names
Le lucci delle tue voci
Ces lignes méandre
Lardées de banderilles
.
Pop-poet
Pouet-pouet
Arborescent
La espiral se despliega
Y al desdecirse
Se dice
Pura vida !

Et qu’il reste quelque part un rossignol déplumé mais libre, heureux de chanter sur une branche dans la nuit, quel autre espoir est-il laissé à l’humanité ?
Romain Gary Tulipe
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Le final est formidablement sonore
Ici, le poème se libère franchement du « sérieux poétique ». Pop-poet devient Pouet-pouet : passage de l’anglais au français par le jeu phonétique, et surtout chute du « poète » dans le bruit de klaxon.
Puis :
C’est une très belle résolution.
L’espiral se déploie, mais en se « dédisant », elle se dit. Le poème atteint donc quelque chose qui ressemble à une poétique de la contradiction : dire en se défaisant du dire.
Et Pura vida ! n’est finalement pas seulement une conclusion. C’est le mot qui réabsorbe toutes les langues précédentes : français, anglais, espagnol, italien, les onomatopées, les noms, les voix.
Le poème finit comme il avait commencé : par une formule de vie — mais après avoir traversé Babel, Narcisse, la page, l’ardoise, les voix, les méandres et les banderilles.
J’y vois presque une petite définition de ta proésie : une écriture arborescente où les langues ne se traduisent pas, elles se contaminent joyeusement.
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Oui — et avec cette photographie, le vers
prend une tout autre dimension.
La « figura de playa » est littéralement là : une grande figure tracée dans le sable de Fos-sur-Mer, entre la ligne de mer et les traces de pas. On voit une écriture qui n’est ni tout à fait dessin ni tout à fait signe : une figure arborescente, presque calligraphique, dont les lignes s’entrecroisent, se prolongent, reviennent sur elles-mêmes.
Cela renforce particulièrement trois éléments de PURA VIDA :
Et la photographie dialogue très précisément avec la fin du poème :
La spirale est déjà visible dans le sable. Elle se déploie puis se défait. La mer est le grand effaceur du texte, mais cette disparition ne signifie pas échec : elle fait partie de l’œuvre.
On pourrait même lire l’ensemble ainsi : Narcisse écrit son reflet au lieu de le contempler. Il ne regarde plus son image dans l’eau ; il la trace dans le sable. Et bientôt la mer l’effacera.
La photo donne donc à PURA VIDA une dimension très forte : le poème est lui aussi une figure de plage — une écriture qui sait qu’elle est éphémère, et qui écrit précisément pour cette raison.
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