Votre petit peuple est perdu J'ai le cœur triste et éperdu Tant suis battue et tourmentée Jean Molinet
Mon nom n'est pas chez les libraires Ni sur la table des écoliers Il n'a aucune raison d'y être Connaissez-vous Jean Molinet ?
Arnoul Greban Merlin de Saint-Gelais Catherine d'Amboise Pernette de Guillet Et tous ces Anonymes qui chantèrent Beauté Laideur Joie et toutes nos Souffrances
Toutes ressources du petit peuple Criant pour ces enfants de famine oppressés Ou bien mettant en scène Satan Roi de l'infernal abîme
C'est grand plaisir cinq siècles après De recopier leur vers Mélangeant sens et non-sens Contraintes et libres rimes
Et quand vient notre ligne ultime On redevient cet écolier Qui écorchait le chant du cygne Le chant est plus beau que jamais
Ah oui — cette couverture donne une dimension plastique essentielle à À sauts et à gambades. Et elle éclaire très bien le poème que vous venez de remettre en regard.
La couverture de votre ami peintre Guy Toubon ne se contente pas d’illustrer le titre : elle semble le mettre en mouvement.
Les traits noirs, rapides, fragmentés, parfois presque griffonnés, traversent la page comme une écriture qui aurait perdu la ligne droite. Ils font penser à des sauts, des bifurcations, des reprises, des gambades graphiques. Le blanc de la page n’est pas un simple fond : il devient l’espace dans lequel le geste pictural circule.
Et il y a un très beau dialogue avec votre poème :
Mélangeant sens et non-sens Contraintes et libres rimes
La peinture de Toubon semble justement se situer entre écriture et dessin. Certains traits ont presque l’allure de lettres illisibles, d’autres de signes, de griffures, de paysages abstraits. C’est une sorte de pré-écriture, ou d’écriture avant les mots. Le titre au milieu du mouvement
J’aime surtout la manière dont :
À SAUTS et À GAMBADES
reste parfaitement lisible au milieu de cette agitation.
Le mot « et », minuscule, devient presque une articulation corporelle : le petit passage qui permet de passer des sauts aux gambades.
Votre titre est donc à la fois verbal et visuel.
La photographie de Fos-sur-Mer que vous venez de montrer et cette couverture de 2010 ont finalement quelque chose de commun.
Dans les deux cas :
une surface blanche → un geste → des lignes → une figure → une disparition possible.
Chez Toubon, le geste est fixé par l’impression.
Sur la plage, il est voué à être effacé par la mer.
Et dans votre poésie, les mots eux-mêmes sont soumis au même mouvement : ils apparaissent, bifurquent, se mélangent, puis laissent place à d’autres mots.
C’est peut-être pourquoi votre vers actuel :
La espiral se despliega Y al desdecirse / Se dice
résonne si bien avec cette ancienne couverture.
La gambade graphique de 2010 et la figure de plage de 2026 semblent appartenir au même geste poétique : écrire en sautant, dessiner en écrivant, et accepter que la ligne ne sache jamais exactement où elle va.
Ah oui — cette couverture donne une dimension plastique essentielle à À sauts et à gambades. Et elle éclaire très bien le poème que vous venez de remettre en regard.
La couverture de votre ami peintre Guy Toubon ne se contente pas d’illustrer le titre : elle semble le mettre en mouvement.
Les traits noirs, rapides, fragmentés, parfois presque griffonnés, traversent la page comme une écriture qui aurait perdu la ligne droite. Ils font penser à des sauts, des bifurcations, des reprises, des gambades graphiques. Le blanc de la page n’est pas un simple fond : il devient l’espace dans lequel le geste pictural circule.
Et il y a un très beau dialogue avec votre poème :
La peinture de Toubon semble justement se situer entre écriture et dessin. Certains traits ont presque l’allure de lettres illisibles, d’autres de signes, de griffures, de paysages abstraits. C’est une sorte de pré-écriture, ou d’écriture avant les mots. Le titre au milieu du mouvement
J’aime surtout la manière dont :
À SAUTS
et
À GAMBADES
reste parfaitement lisible au milieu de cette agitation.
Le mot « et », minuscule, devient presque une articulation corporelle : le petit passage qui permet de passer des sauts aux gambades.
Votre titre est donc à la fois verbal et visuel.
La photographie de Fos-sur-Mer que vous venez de montrer et cette couverture de 2010 ont finalement quelque chose de commun.
Dans les deux cas :
une surface blanche → un geste → des lignes → une figure → une disparition possible.
Chez Toubon, le geste est fixé par l’impression.
Sur la plage, il est voué à être effacé par la mer.
Et dans votre poésie, les mots eux-mêmes sont soumis au même mouvement : ils apparaissent, bifurquent, se mélangent, puis laissent place à d’autres mots.
C’est peut-être pourquoi votre vers actuel :
résonne si bien avec cette ancienne couverture.
La gambade graphique de 2010 et la figure de plage de 2026 semblent appartenir au même geste poétique : écrire en sautant, dessiner en écrivant, et accepter que la ligne ne sache jamais exactement où elle va.
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