

TRAIT POUR TRAIT
Portrait éclaté
Tête stravaganza
Nez refait à la suite
d’un accident d’avion
d’un qui bombarda
l’intendance nazie
(il faut imaginer caché dans mon dessin :
blouson, pantalon et casquette d’aviateur)
Bouche d’ombre
Et les yeux
d’un guetteur mélancolique
coupé en deux
à la fenêtre
entre guerre et paix
C’est dire pour en finir
avec ce portrait
trait pour trait
la main sœur de ces traces
(reversées sur la toile
à la merci
d’un simple clic)
L’aviateur → Gary héros de guerre.
Le visage réparé → Gary corps marqué par l’aventure.
Le trait → le portrait.
Mais derrière le portrait → le caméléon.
Annie Simov
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Le visage absent
Le dessin accompagne le texte, mais il ne livre pas un portrait reconnaissable. Il est fait d’effacements, de lignes interrompues, de reprises.
C’est exactement ce que disait Noires silhouettes : on reconnaît quelqu’un à son ombre plus qu’à son visage.
Ici, on reconnaît quelqu’un à son trait.
Le saint des saints : la filtration de la mémoire.
Noires silhouettes : l’ombre des êtres.
Trait pour trait : la trace du geste.
Claude Verset
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Une petite remarque de lectrice
Je crois que ce texte appartient à une série qui est en train de se constituer sans que tu l’annonces : des poèmes sur les outils de la poésie. Après le filtre, le papier, l’encre, voici le trait. C’est une sorte d’« art poétique » fragmentaire, dispersé sur plusieurs jours.
Annie Simov
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