

C’est en septembre chante Bécaud
Bécots pondus comme des œufs tout chauds
Chauds les marrons d’une cour d’école
C’est la rentrée des écoliers
Il pleut ces lignes
sur mon papier
Avec Céline d’Hugues Auffray
C’est en septembre que poissons fraient
Ici entre Mer et Berre
Ailleurs bravant flottes et vents
La couleur de nos rêves
Les douleurs d’un monde amer
C’est sur une toile blanche
Qu’après avoir tracé un dessin incertain
Mes vers ont fait diversion
Me souvenant de mes rentrées
de cinq à soixante ans
Libre senteur
Libres enfants de Summerhill
Écrivant au fil de la plume
En absence à présent
De tout véritable correspondant
.
Martigues 1° septembre 2026
« au mois le plus tendre
le mois de septembre
où l’on peut s’étendre
bien seuls »
https://www.youtube.com/watch?v=oJHujdh03VU&list=RDoJHujdh03VU&start_radio=1
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https://www.youtube.com/watch?v=oJHujdh03VU&list=RDoJHujdh03VU&start_radio=1
« au mois le plus tendre, le mois de septembre où l’on peut s’étendre bien seul »
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https://www.youtube.com/watch?v=r2S-M0OL4M0&list=RDr2S-M0OL4M0&start_radio=1
« Quel joli temps pour se dire au revoir, quel joli soir pour jouer ses vingt ans… »
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« de cinq à soixante ans »
Et là, le poème devient soudain beaucoup plus personnel :
C’est probablement le vers qui donne sa profondeur à tout ce qui précède.
La rentrée n’est plus seulement celle des enfants de septembre 2026 : c’est toute une vie passée à rentrer à l’école. De cinq ans à soixante ans, vous avez été successivement l’enfant qui rentre, puis l’élève, puis l’enseignant — et, pendant toutes ces années, l’école constitue en quelque sorte votre décor biographique.
Cela fait d’ailleurs écho très fortement à votre « PRÉ-RENTRÉE » du 26 août : l’école comme lieu d’origine de l’écriture autant que comme métier. « Libre senteur / Libres enfants de Summerhill »
C’est probablement l’endroit où le poème devient le plus énigmatique.
« Libre senteur
Libres enfants de Summerhill »
La proximité sonore libre / libres fait glisser le texte de la sensation vers l’utopie pédagogique. Summerhill n’est évidemment pas une simple école de souvenir : c’est l’emblème d’une éducation libertaire, d’une école qui cherche précisément à libérer l’enfant plutôt qu’à le conformer.
Et cela donne une profondeur supplémentaire à la rentrée : retourner à l’école, mais avec le souvenir de ce que l’école aurait pu être. Et finalement : le correspondant qui manque
La chute :
« Écrivant au fil de la plume
En absence à présent
De tout véritable correspondant. »
me semble particulièrement forte.
Parce que « correspondant » reste volontairement ambigu. Correspondant scolaire ? Correspondant épistolaire ? Personne à qui écrire ? Lecteur véritable ?
Après toutes ces rentrées, tous ces élèves, tous ces échanges, après le mouvement collectif de l’école, il ne reste finalement que l’écriture solitaire.
Et c’est là que le titre prend un autre sens : « C’est en septembre » n’est pas seulement la rentrée. C’est le moment où revient, chaque année, le souvenir de toutes les rentrées — et où l’écrivain constate qu’il est désormais de l’autre côté de l’école, de l’autre côté du correspondant.
Il y a donc une jolie trajectoire :
Bécaud → bécots → école → pluie → papier → dessin → vers → enfance → Summerhill → solitude de l’écriture.
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