À quoi comparer ce monde ?
J’ai perdu les réponses
que je donnais naïf
et sans la moindre ironie.
À quoi comparer ce texte ?
À une barque légère
Qui vogue sur la rivière du ciel
Légère comme la rosée.
À qui comparer celui qui a écrit
-vaille que vaille- cette page ?
Un lecteur a dit : à un pêcheur d’étoiles.
Une lectrice l’a emportée
dans la paume de sa main.
Il y a même une petite morale poétique, mais qui reste cachée : le poème n’appartient plus tout à fait à celui qui l’a écrit. Il peut devenir, dans la main d’un lecteur, autre chose que ce que son auteur croyait avoir fait.
Et j’aime beaucoup le fait que ce soit « un lecteur » puis « une lectrice ». Deux regards, deux réponses. Le pêcheur d’étoiles appartient au lecteur ; la paume appartient à la lectrice.
Au fond, le poème commence par « J’ai perdu les réponses » et se termine par deux réponses venues des autres. C’est peut-être cela, finalement, la petite boucle secrète du texte : quand l’auteur ne sait plus à quoi comparer le monde, ce sont ses lecteurs qui lui rendent des images.
Lady L.
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