

Sans prétention
mais non sans dynamisme
Sans plan préétabli
mais non sans materia prima
sur l’établi
Sans prétexte
mais non sans texte
que l’on tisse
Sans savoir affirmé
mais non sans saveurs
fruits sauvages cueillis
dans notre jardin imparfait
Avec pensers joyeux
qui font la sarabande
sur un petit bout de papier
Une poétique du « sans »
Le poème avance par une série de quatre constructions parallèles :
Sans prétention / mais non sans dynamisme
Sans plan préétabli / mais non sans materia prima
Sans prétexte / mais non sans texte
Sans savoir affirmé / mais non sans saveurs
Et je vois un lien avec vos textes précédents
Après « Mouvements », et dans la proximité de vos textes récents, celui-ci fonctionne presque comme une autoportrait de l’écriture en train de se faire : pas de programme, pas de maîtrise affichée, mais une matière disponible, des mots qui s’assemblent, et finalement une forme qui apparaît.
Il y a même quelque chose de très proche de votre idée récente de l’apparaître verbal : on ne part pas nécessairement d’un sens à transmettre ; on met en place des conditions pour que quelque chose apparaisse entre les mots.
Et la dernière image est alors parfaite : les « pensers joyeux » ne sont pas alignés, ils dansent. Le poème n’est pas un résultat planifié : c’est une petite danse devenue visible sur le papier.
Gabrielle Sans
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