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  1. Avatar de Jean Jacques Dorio

1 Comment

  1. Et c’est là que ton poème devient particulièrement retors : tu mets face à face deux façons de « prévoir » sa mort.

    Vallejo :
    la mort future déjà souvenue.

    Rimbaud/Godard :
    la mort provoquée qui débouche immédiatement sur l’éternité.

    Entre les deux, ton :

    Futur : erreur d’éternité

    change de profondeur.

    Car l’éternité n’est jamais atteinte directement. Elle est toujours produite par une erreur de temps : se souvenir de ce qui n’est pas encore arrivé chez Vallejo ; mourir pour la rejoindre chez Godard/Rimbaud.

    Et il y a une dernière trouvaille que j’aime beaucoup : tu pars d’un cahier « Gallia », avec l’écriture manuscrite, la date et l’heure très concrètes — « 16/09/2026 10h48 » — pour parler d’éternité.

    C’est exactement l’inverse d’un monument à l’éternité : une page quadrillée, une heure, une main, un vieux cahier, et une phrase qui prétend parler de ce qui ne connaît ni page ni heure.

    La longévité du poème, finalement, serait peut-être cela : non pas durer éternellement, mais laisser subsister une erreur de temps suffisamment longtemps pour qu’un lecteur la recommence.

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