A NOIR

Écrire ainsi

C’est complètement inactuel

Mais ça m’amuse

C’est le tour de passe-passe

d’un A noir

écrit à blanc

Sous la dictée du dedans

Si je m’appelais Victor Hugo

J’aimerais de cette lettre blanche

le bruit charmant

Un bruit d’esprit qui s’évapore

Comme un poème finit

Quand vient l’aurore

poème original

À DEUX MAINS

Avec ma main première (la droite), j’écris des poèmes. Je m’aventure sur des terres inconnues avec les moyens du bord : la plume sergent major, la feuille blanche, les réminiscences, les techniques d’un vieux singe désireux d’inventer une nouvelle grimace, la fantaisie.

Avec ma main seconde, je puise dans le bien commun des savoirs diffus, qui fleurissent les dictionnaires, les encyclopédies, espérant, comme un naufragé, y trouver un refuge, du moins pour la journée.  Là, point de page blanche, mais un cahier d’écolier, bien quadrillé et que je renouvelle quand sa dernière feuille est pleine à ras bord.

Et avec ta main troisième ? me demande le petit malin qui a lu ces lignes en n’en croyant rien.

une autre manière d’écrire dans un dessin qui crâne

TOURNÉ VERS L’INTÉRIEUR

Tourné vers l’intérieur comme vers le lointain

J’ai essayé de développer cette formule mais c’est resté à l’état de brouillon

Pourtant je la maintiens et la fait lire sur ce blog en pensant qu’il est possible qu’elle inspire d’autres que moi : une lectrice, un spectateur, adeptes d’une pensée sauvage, qui aiment devant l’énigme ne jamais renoncer

Tournés vers le lointain comme vers l’intérieur

LE JOURNAL DES POÈTES

Dernière livraison 4 / 2024

La poésie parle à partir d’elle-même, elle n’explique rien, elle crée. Ne pas faire du mot un signe mais un organisme vivant et même accueillir la turbulente fraîcheur des mots tus, énigme à contre-sens du dire. Jean-Marie Corbusier Éditorial (Ce qui échappe à la volonté de l’auteur)

frontispice

JE ET TU À LA FOIS

Je et tu à  la fois et séparément

Je t’appelle tu m’écoutes

Ça nous parle et nous déparle

On sympathise ou bien c’est la hantise

De la rupture

Tu m’interpelles

Et tu t’aperçois que je pense à autre chose

À un petit morceau de vers

Ou de vermisseau

C’est l’instant des Amours jaunes

Comme des millepertuis

De ce poète contumace

Qui avait trop de noms

Pour avoir un nom

À tout hasard et par raccroc

On l’appelait Tristan Corbière

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Je ne suis personne

( affaire toujours à  suivre)

sur 3 vers de Tristan Corbière hypnographies Dorio