DANS LA MAISON DU POÈTEREAU

Dans la maison du poètereau

Le temps s’écoule entre deux mots

Entre présent (futur passé) et temps zéro

Dans la maison de vers tracés au cordeau

La corde vibre entre deux maux

Le mal de l’idéal le mal des mal-aimés

Le corps s’afflige puis se reprend

Cesse ses plaintes de piètre penseur

Tire l’esprit vers l’extase verbale

Grosse modo  vers l’inspiration du Père Hugo

Dont l’égo surabondant se mue en voix de Dieu

Au bord de l’infini Victor prophète et messie

Joue la Comédie surchargée d’éternité

C’est et ça peut paraître boursouflé

Mais comparé aux petites bouches et aux poids plume qui se vendent au marché de la poésie aujourd’hui

Tout est pardonné

UNE VOIX QUI NOUS SOUFFLE QU’IL FAUT CONTINUER

DES VOIX

Ainsi, qu’il laisse un nom ou devienne anonyme, qu’il ajoute un terme au langage ou qu’il s’éteigne dans un soupir, de toute façon le poète disparaît, trahi par son propre murmure et rien ne reste après lui qu’une voix, -sans personne. Jean Tardieu

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La voix, il suffit qu’on l’écrive, pour qu’elle se mette à exister.

Une voix perdue, mais qui en douce, remue et entraîne notre plume

Une voix retrouvée et qui prend la forme…qui nous reste habituellement invisible, celle du Temps.

Une voix venue d’Homère, le Père du Grand Récit : Conte-moi Muse l’aventure de l’Inventif

Une voix qui parle d’abord au papier avant d’être libérée par l’inflexion des voix chères qui se sont tues

Une voix dont le souvenir à la couleur du sable qui s’écoule grain à grain

Une voix sans personne qu’affectionnait le poète Jean Tardieu

Une voix unique que l’on lit la nuit au lit : Ô lit heureux l’unique secrétaire de mon plaisir 

Une voix enfantine qui crissait sur l’ardoise et son alphabet

Une voix collective jouissive dans la rue et sur les murs du Grand Mai

Une voix étouffée par les mots de la tribu

Une voix en allée sur les lèvres des trépassés

Une voix qui nous souffle qu’il faut continuer

Avec les voix de Marcel Proust, Philippe Jaccottet, Paul Verlaine et Rémi Belleau

Le cœur des petites voix

Sur une ariette de Verlaine

chant et mise en musique JJ Dorio

ADIEU AUX POÈMES

Adieu au poème

Adieu toi que j’aime

Une fois dernière

Adieu à ta disparition

Adieu à ses lecteurs

disparus roulés dans

la farine des images

qui leur vident la tête

Adieu au don de soi

Donnant un nom

À toutes les choses

Qui ne font que passer

Adieu à l’art de trouver

Que sais-je À se sortir

des pièges d’un exilé

de l’intérieur

Adieu à la grande illusion

Adieu à l’assiette

Du rythme du monde

Du langage et du sujet

Adieu à la rêverie

À la chercherie

De l’espace du dedans

De la parole de l’arrière pays

Adieu basta ya

Tu as fait ton temps

Ça suffit

Vraiment ça suffit ?