MOI

Moi-ci Moi-là

Moi yin Moi yang

Moi et les petits oiseaux

Un roitelet des troglodytes

Moi chérissant la mer

Dans les eaux de ma mère

Moi sur mon île déserte

Individu littéraire

Sur scène avec Didi et Gogo

En attendant le Cogito

Moî moi m’applaudissant d’une seule main

L’autre mouchant la flamme d’une chandelle

Moi au lit lisant ces fadaises

Niaiseries d’un mort fictif

Ni mort ni vif

ACCUEILLIR LES SIGNES

Du début à la fin

Il est une question :

Comment accueillir les signes

Qui rôdent autour de nous ?

On la pose aux plus sages

aux plus fous

Du nouveau-né au moribond

Et jusqu’aux disparus

qui continuent leur ronde

qui nous parlent

(on les voit)

sans que s’entende leurs voix

Du geyser qui jaillit de l’aurore des paroles

Jusqu’au gésir verbe défectif

Une vie à chercher

à se passer le mot

d’un poème à l’autre

C’est moi qui vais mourir

C’est toi qui vas m’écrire

Accueillir les derniers signes

Pour en faire des nouveaux

CRÉER SA PROPRE LANGUE

Notre vie est partie en folie partie en prudence qui n’en écrit que révèremment (avec révérence) et régulièrement, il en laisse en arrière plus de la moitié. Montaigne

UNE LANGUE

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Créer sa propre langue c’est un truc de fou ça…de fou de littérature parti en des contrées indéterminées…des années durant nourrissant en secret ses nuits de mille et une pages…qu’il brûle la journée suivante…jusqu’au jour (une nuit magique) où la langue unique et singulière prend…Lors les phrases en prose ou les antiphrases écrites en vers…prennent leur envol créant la propre langue de ce forçat d’une écriture…qui bat et rebat les cartes d’un je multiple…jugé par les premiers critiques qui n’ont jamais lu rien de tel…de folie pure…

Rien n’était écrit

Un livre en cours

JJ Dorio 2025

FOL et FOLLE

Tu es folle comme une image brisée par le cinéma muet s’emparant d’une œuvre littéraire noire

Je suis sage comme le fol du théâtre du Globe  près de Tamise qui tamisait les mots pour dépister le démon et tuer la vermine

Puis dans nos univers parallèles il est une heure exquise où nous échangeons nos folies puisées dans le docteur Mabuse et le roi Lear

Fous de théâtre de cinéma et de la formule des conteurs traditionnels de Majorque : aixo era y non era, il était une fois et il n’était pas…

FIGURANT ÉPHÉMÈRE

Je vois des mots en m’endormant

Une silhouette parlante les agite sous mes yeux qui se ferment

Cette nuit il me semble distinguer cinéma, cambrioleur de rêves, ours blanc,

Je me dis qu’il faudra m’en souvenir quand je rouvrirai les yeux après un premier somme

Mais au premier éveil tout semble s’être effacé

Qu’importe j’improvise mais cette fois un stylo à la main :

Figurant éphémère, tête d’or, Icare,

De quoi nourrir l’imaginaire d’un souffleur de vers qui en fera un court poème

Un figurant éphémère
Une tête d'or
Icare et son vol de mort