LE CONTE D’OZON





J ai mis le pied
J ai mis la main
J ai mis mon cœur
Sur le coteau
Qui regarde au loin
Montagnes et couchants
Je crois bien
Que les racines
ont poussé
Sans que j y prenne
Garde
Ici ronces et vignes

Ne poussent pas
Elles volent
En un souffle
Tout verdit
Et bruit
Je deviens
Ce que je suis
Une petite partie
D » une chorégraphie
Plantée
Et empreinte

D’ espace
Un rêve sûrement
Mais doux et tenace
Quand les hirondelles
Se préparent
Autrement
Je maintiens

Dans mes mains
Un galet ,
une feuille ,
Un crayon,
Sur la table
Des livres,
Du muscat,
Et trois cèpes
Le conte est bon
Très bon

Et  cric et crac
Lou conte
es acabat

Danielle Nabonne

Ozon est un village sis dans les Hautes Pyrénées

ACCUMULATION

J’accumule des phrases, des citations,

des non-phrases, des fragments,

des vers (à l’ancienne),

des pensées sans formes,

des formes de pensée, des étymologies :

ainsi il y a du cumulus, de l’amoncellement,

dans la mise en scène (accumulare) de mon accumulation.

C’est Wikipédia qui le dit.

Et Baudelaire dans l’Étranger, aussi.

LA FERVEUR SUBVERSIVE DU CHANT

LA FERVEUR SUBVERSIVE DU CHANT


« Malgré la fiction de la page blanche
Nous écrivons toujours sur de l’écrit »
Michel de Certeau



Pas de trône
- ce pose-cul des chieurs d’antan –
Pas de chaises à porteur
- pour les prélats les soldats
et le roi des cons –

Mais la chaise de Vincent
Et la fleur inverse
Du troubadour Raimbaut


Pas de bois mort
dont on fait les croix
et les cercueils
Et pas de lettres mortes
dont on fait les bibles
et les abolis bibelots


Mais la sève des ronciers
Le bleu des chardons
Et le rire non-rire

De Buster Keaton

Pas de chant sacré
Sans la clef donnée
À qui veut bien chercher
à la saisir
Pour en jouer et déjouer
le trobar clus des Troubadours
D’hier et de maintenant


Maintenant la ferveur subversive du chant


Poème écrit sur une page de « Le rire du sacré »
Jean-Claude Marol (1999)

UNE VIE BELLE ET BONNE…

…avec et pour autrui, dans des institutions justes. Paul Ricœur

Où va la vie
La vie bonne
La vie belle
Qui ensorcelle
Elle va,
elle vient
De tes lèvres
De tes mains
À la plume
Qui trace
Des signes
Plus noirs
Que les raisins
De ta colère
J ' y vois
Des présages
Des énigmes
Des orages
Une histoire
Imprécise où
Nous avançons
Ensemble désunis
La dérive des sentiments
Un effet sûrement
Du dérèglement
Climatique
Où  va la vie
La vie légère
La vie gaie
Au fil des eaux
Au fil des nuits
J'écoute
le chant
Du rossignol
Il dit
La vie est là
La vie est là
Au bord
des mots
Ecoute et espère

Danielle Nabonne

Comme Danielle, qui rumine mes textes et poèmes quotidiens
pour en faire à sa manière,
un nouvel essai de dire l'indicible,
n'hésitez pas  lecteurs lectrices,
de rebondir et de m'adresser
vos écrits
Cet espace est fait pour les accueillir

doriojeanjacques@gmail.com
 

Gérard Fromanger au musée Estrine Saint Rémy de Provence