VARIANT VA RIANT !

VARIANT VA RIANT !

Sur un thème connu me voilà variant
Mariant la contrainte avec la fantaisie
Dans la nuit solitaire triste oiseau se riant
De l’amour malheureux plantant ses banderilles

J’accumule mes plaintes mes peines et tourments
Je me perds dans les bois de ces amants d’Ovide
Transformés en tilleul en rameaux de gourmands
Sur la barque d’Amour je rame dans le vide


Quand finit ma complainte la nuit et le silence
Me laissent démuni passereau solitaire
Je refuse pourtant tout ce qui me fait taire :

L’absence de désir le malheur la souffrance
La langueur de mes rimes mes belles adversaires
Dernier vers Ô Lecteur en absence…Va riant !

Sonnet écrit avec l’aide de La Roque (Siméon Guillaume) vers 1551-1611

poèmes par cœur

et pour la voix

(série en cours d’écriture)

JJ DORIO

ALLONS-Y ALONZO

Cool Raoul !
J'avais pas lu ça
Depuis des lustres
Moi-même je crois bien
Ne l'avoir jamais interjecté

Par contre
Allons-y Alonzo
J'en ai usé et abusé
Mu par Bébel
Jouant Pierrot le Fou
Qui le dit à Marianne
Cette adorable muse
Sirène de Copenhague

J'ai vu quand il sortit
Dix fois le film
Et lu d'emblée
l'histoire de l'art
d'Élie Faure
et tous les Pieds-Nickelés

Je ne suis pas allé
jusqu'à entourer ma tête
de bâtons de dynamite
en déclamant l'Éternité

façon Rimbaud :
le soleil dans la mer en allé

Alonzo ce fut mon guide lisboète
Pendant la Révolution des Oeillets
Quel boxon Léon !

Alonzy Alonzo
Ça l'amusait
Il trouvait toujours
un vers de Pessoa
Pour relancer
les problèmes sans solution

Sa ligne c'était
Poema en linha reta !
Un poème réellement
des plus tortueux

Je vous laisse désormais
boucler cette petite comédie
interjective

Mais c'est quand il vous plaira
Y a pas le feu
Ô lac !

LES ERREURS AMOUREUSES

LA CUPIDINE FLAMME

Les erreurs amoureuses accompagnent Morphée
En ses Métamorphoses Il confond lis et rose
Ceignant les bras de son âme « espamée »
Proche par conséquent de tomber dans les pommes

En voyant en imagination sa maîtresse
Le voilà fol, sourd, muet et sans âme
Son propre cœur bondit et à nouveau « se pâme »
Le trop de joie entraîne sa tristesse

-Vous perdez temps, lui dit alors sa dame
Augmentant par ces mots sa passion
Que le poète nomme sa Cupidine flamme

Quand je relis cinq siècles après ces vers
Qui eurent en leur temps valeur et utilité
Je ne puis m’empêcher moi aussi d’en plourer

Mélanges : Pontus de Tyard, Ronsard, Philibert Bugnyon, Jean Jacques Dorio

"Poèmes par cœur
et pour la voix"
(en cours d'écriture)

petit voyage en rond et en zig zag

Toute notre vie n'aura été qu'un petit voyage
en rond et en zigzag*


la joie d'écrire
sautille sur le papier
la joie? c'est exagéré
disons la sérénité

serein sereine
dans le cortège des mots
qui passent et apaisent
nos maux

la joie de dire
les naissances des marmots
les premières paroles
de l'enfance de l'art
les boucles d'écriture
les chiffres sur l'ardoise
les rires et les pleurs

la joie de faire
des romans sur la vie
la petite musique
du quotidien des rues
les marrons épluchés
journaux à la criée
et les petits métiers
rémouleur vitrier

la joie ès poésie
Paris est une fête
de Concorde
jusqu'à l'Étoile
du Châtelet à Flore
où le petit homme
au strabisme divergent
rendit célèbre
l'en-soi du garçon de café

la joie sautille
et se fracasse
dans la grand peine
des beaux-arts
bœufs écorchés
et Guernica
œuvres enragés
de la litté
l'espèce humaine
et les chansons
de quatre sous
pour oublier

inutile d'épiloguer


*italiques de Valéry Larbaud
destinées à l'éventail de madame
Marie Laurencin