Cette part de rêve bleu indéniablement Cette part de rêve entre les lignes Cette part de rêve inversé Pyramides ouvrant vers le ciel de l’autre Mexique . Cette part de rêve qui ancre le silence Cette part de rêve qui prolonge l’Univers Cette part de rêve qui abolit le rêveur Cette part de rêve qui échappe à l’Histoire . Cette part de rêve d’un étranger qui nous rêve De l’autre côté du pont Dans les reflets du fleuve Insomnie De l’autre côté des ressemblances . Cette part de rêve sans rêve Cette part de rêve excentrique Cette part de rêve sans objet Cette part de rêve anonyme . Cette part de rêve d'argile Cette part de rêve inépuisable Cette part de rêve sans dernier mot Bleu indéniablement
Nous avons besoin de poésie pour nous libérer de la guerre des dieux, pour déclarer notre amour, pour nous guérir, Les linguistes ne peuvent étudier le langage convenablement que lorsque la poésie leur fournit des exemples. Sans elle il n'y a pas de connaissance véritable du langage. Michel Butor
Laissons là l’énigme Les clés et tout le saint bazar
Laissons là les mots Usés jusqu’à la corde
Et les supposés trésors de la langue Qui répétés par l’usage sonnent faux Sous la lime
Écoute s’il pleut de l’or Écoute si vibre le soleil noir
Écoute Et ne répète pas « sidéré » les paroles gelées et les coquilles vides des mots de la tribu prise dans les images de la télé
Écoute Ce que les mots disent en toi Depuis le temps Que tu les pratiques Les étrilles Les passes au peigne fin Des images Des sons Et de leurs saveurs
Et si l’énigme est toujours là Ne crains pas le vide et la confusion Attends Ne sois pas inquiet Ne sois pas pressé
Les mots viennent à qui sait les attendre Les observer avec une infinie attention Et les confronter À son expérience Et au grand dictionnaire Des idées non reçues Mais vécues :
Pour vivre mieux Pour tâcher d’y voir clair Pour se dégager du passé mortifère Et exercer la grâce et l’honneur qui sied aux humains : la conquête toujours menacée de leur liberté de faire ce que dois… et de laisser dire
PAROLES CONTRE PAROLES Paroles sur le papier Prises de paroles en Mai 68 (Mais d’où tu parles ?) Paroles de Haine en ligne Paroles de l’Hymne à la Joie Paroles au creux de l’oreille Paroles des bons Sauvages Paroles à tout berzingue Paroles plus que lentes Paroles d’un trait de plume Paroles d’un sang d’encre Paroles qui ont bifurqué D’oboles en paraboles De paroles venues des dieux En paroles dont le nom Nous a paru d’éternité
– Mais d’où tu parles ? – De paroles sauvages en écrits raffinés, je me lance, je croise et ne suis jamais satisfait. – Un exemple ? – Agile Argile Fragile agitent ce texte dont j’ai perdu les clefs. – Et alors ? – Rien. Je ne me hâte pas de les retrouver. J’aime naviguer dans le labyrinthe de l’obscurité, entrecoupé de rires et de fragments de récits d’explorations. – Tu parles d’un chantier ! – Un champ de fouille, un atelier ; chacune et chacun s’y attelle, s’y confronte, s’y conforte, s’y réfugie, s’y reflète, s’y décale, s’y aventure, s’y rêve… Et les voix s’entrecroisent multiples, profuses, futiles, incoercibles et par-dessus tout…cherchant inlassablement la voie.
Dès ma première enfance la poésie a eu cela de me transpercer et de me transporter Michel de Montaigne
Et moi je suis De ceux qui tiennent Que la poésie Ne rit point ailleurs Qu'en un sujet folâtre Et déréglé . Fol âtre Où flambent Sonnets nouveaux Et vers libres . Dévidant et filant La langue françoise Par tous les sens Brisée et rapiécée . Et en tous lieux
Chaque signe a fait une petite musique sur la page tracés autour de minuit entre le 16 et le 17 novembre 2025 comme autant de mouvements qui me traversent j’ai peint le passage disait Montaigne