Si vous ne prenez pas le temps Si vous ne prenez pas le temps
Ne lisez pas ce qui suit De poursuivre votre conversation
Bien que ce qui suit avec vos morts
Vous ne l’avez jamais lu Tout en évitant les vivants
Qui pleurent sur leur sort
Si vous ne prenez pas le temps
De laisser libre cours Si vous n’avez pas le goût du disparate
Aux figures imposées de la perte d’identité qui précède
De vos incohérences et accompagne vos sommes
Si vous ne prenez pas le temps Si vous ne prenez pas le temps
De tisser vos relations de parenté de partir envers et contre tout
Dans les histoires de l’infamie à la Recherche du temps présent
Et de l’éternité
Author Archives: Jean Jacques Dorio
ÊTRE C’EST QUOI ?
être c’est quoi être c’est « l’origine du monde » c’est comme rien frangé d’une dentelle noire sur les bords c’est quatre lettres être c’est quoi être c’est Gabrielle d’Estrées un mouvement pinçant le téton de sa sœur dit-on sinon c’est mort être c’est quoi être c’est être épris de différences si je le savais dans la similitude je ne le dirais pas être c’est ser être c’est provisoirement je pense donc je suis et quoi qu’on en dise et c’est estar un rêve inachevé je suis celui qui ne fait que passer
PROUST OUSTE!
Des questions sans réponses c’est le miel des curieux
Narrateurs anonymes rêveurs mystérieux
Un jeu de l’alphabet à la fin d’un voyage
Où l’on fit maints détours dans des textes en marge
Accumulant les choses utiles et superflues
Des voyages au long court comme une phrase de Proust
Des lectures au cœur du flux et du reflux de nos vies
Et des singes grammairiens qui devant tant de signes
Disent Ouste !
https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi
GLANES
GLANES
Chaque jour et la nuit par intermittence, je cueille ma poignée de glanes : citations (et récitations), récits de vie, mémoires des morts, étymologies des dictionnaires, phrases étirées des prosateurs ou condensées des poètes.
Poignée de glanes, bouquet de bagatelles et de calamités, que m’offrent aussi les journaux qui rivalisent de titres approximatifs, comme l’homme de Tzara (ex Dada), qui n’est pas le fragile marcheur de Giacometti, ni le coq déplumé lancé dans l’assemblée par Diogène le Cynique s’exclamant : -Voilà l’homme de Platon. (prenant au pied de la lettre la définition du maître de l’Académie : « l’homme est un animal bipède sans plumes »)
Chaque nuit et le jour je libère cette énergie, antidote des modes et des « servitudes volontaires », pour redonner tout son prix à nos inestimables et vulnérables vies.

L’ORTOGRAFE EST UNE MANDARINE
ÉLOGE DE L’ORTOGRAFE Écrire selon l’orthographe. Pour les mots compliqués je m’y reprends souvent. Mais je n’aime pas raturer. Alors je laisse les erreurs premières, qui ne sont jamais « fautes », et je fais des lignes d’écolier pour peu à peu corriger cette orthographe que d’autres parmi les lettrés abhorrent. Je n’ignore ni le jour funeste, le lundi 8 mai 1673, où les académiciens prirent la décision d’adopter une orthographe unique, ni le florilège d’incohérences orthographiques qui fait le délice des linguistes pervers. Je sais bien que les poules du couvent ne couvent que des œufs sans germes et que l’abbaye regorge de jeunes cobayes novices, mais quand même, un brin malicieux, je continue à lire et à tirer pour mon petit-fils, les fils des aventures de Petit Ours Brun. Enfin bonne pâte j’utilise ma patte pour tracer à nouveau à la bombe de peinture rouge ce slogan jouissif de mai 68 : l’Ortografe est une mandarine !
