OSCILLATIONS SURRÉALISTEs

Le père et l’antipére

La mère et la mer

(toujours recommencée)

Les cyclistes et les cyclothymiques

L’arcane 17 et l’arcane sans nom

Le cadavre exquis buvant le vin nouveau

Les chants de Maldoror et les champs magnétiques

Breton et Soupault

Volver de Gardel et le revolver aux cheveux blancs

L’affirmation et l’effacement

Le crépuscule des idoles

L’aurore des paroles

& contre vents et marées

L’Amour La Poésie La Liberté

DISPARITION XXI Gaston Puel

DISPARITIONS

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.

Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.

Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche,

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POÉTIQUE

À Fernand Verhesen

Tôt ou tard le poème de la vingt-cinquième heure, plus énigmatique que jamais, soufflera son haleine sur la vitre.

Cargos, femmes nues, museaux, chevelures, pivoines, tu tireras la langue comme autrefois quand tu décalquais des continents et des îles, tu cerneras au passage une coïncidence et ce qui restera entre deux ratures tu le nommeras poème : un peu de terre remuée, un infime terrier de mots – ou bien toute la terre s’arrondissant sous ta main comme une pomme.


SONNET EN FORME DE RONDE

Ce corps d’une idée qu’est un vers

Un vers où s’inscrit un sujet

C’est le sujet de ce sonnet

Un sonnet en forme de ronde

.

Parole et corporéité

Vers à vers sondant ma pensée

Créant ainsi de l’inédit

Et des images à la ronde

.

De coups de vent en coups de mer

Et sur la page ouverte au hasard

Le coup de dés de Mallarmé

.

Voix sépulcrales ou badinant

Passent les djinns du vieil Hugo

Ainsi prend fin ce sonnet-ronde

DES BAINS DE MER


Premier bain de mer – l’été sans mer je meurs à petit feu –

Ici sur ma plage de 36 et de 68 je suis entouré d’enfants

qui rejouent le mythe des origines –la mer la mère toujours

recommencée – ils courent à la mer avec leurs petits seaux

ils passent le sable au crible de la grande illusion

ils n’arrêtent pas de bâtir et de débâtir leurs châteaux

en Espagne et surtout ils rient ils crient ils s’interpellent

ils portent l’eau de vie des poètes de sept ans et de soixante

dix-sept ans –disons- dans le plein soleil l’azur les bateaux

tout ce saint-frusquin que l’on vend dans les cartes postales

Mais ici chez moi sur ma page de sable et d’or ce ne sont

qu’émotions rêves et désirs que l’on dit au papier à la mer

qui nous vient du dedans comme un étourdissement passager
.

Fos sur Mer « la grande plage » 400m de sable

face aux navires porteurs d’essences noires

et de mythes secrets

DISPARITIONS XXI Gaston Puel

DISPARITIONS

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

Les fragments en italique sont des paroles reprises aux disparus, puisées dans leur œuvre et particulièrement de ce qui tend à se dérober au public, après tant d’années.

Les citations d’autres auteurs sont mises entre guillemets.
Le reste — bifurcations, rebonds à sauts et à gambades, ajouts , accords et désaccords, sont de mon cru.

Chaque Disparition se compose de sept fragments.
Ils paraîtront sur ce blog du lundi au dimanche,
pendant vingt-trois semaines,
soit cent soixante et un fragments

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CORRESPONDANCES

À Jean Jacques Dorio

Cher ami,

Ce qui me touche dans votre lettre c’est que vous usez de la poésie en bon entendeur ; vous la faites vivre à votre main, à votre regard . et c’est ainsi que j’ose revendiquer la position (mortelle) de « l’auteur ». ; le poème survit à toutes les malversations, à toutes les méprises, à toutes les communions, il existe ayu-delà de sa pitoyable assise qui fu un peu d’encre sur du papier.

Gaston Puel

Veilhes 30 mai 2006

Cher ami Dorio,

Oui, plein accord avec ce que vous écrivez de l’écriture, les statuts qu’elle impliquerait, à Fort, oui ; nous sommes des scribes, fils de ceux qui suaient sur des tablettes ! D’où noyus vient certte rage ? Ils gravaient, nous dessinons. Ce doit être quelque envie de partage…

Gaston Puel

Veilhes 30 VII 2007

Cher ami Dorio,

Je vous remercie de vos traductions (Asturias) qui vous tiennent en éveil poétique. Ce que traduit « Les autres et le même », qui est votre écriture.

Oui, le lecteur doit inventer – ou réinventer. C’est sa partition et sa traduction. Le mystère c’est cette suite de respirations qui sont les échanges de ce flux immatériel qui aspire vers une valeur  sans fondement, sans contrepartie monétaire, valeur gratuite si l’on veut, beauté si l’on ose dire, mais ui est reliée à un besoin.

Beaucoup de notre univers disparaîtra, mais la poésie si peu reconnue aujourd’hui, restera, respirable.

Gaston Puel

Veilhes 17 XII 2006