FANTASMAGORIES courriel 23

Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique « bibliothèque de Babel.« 

Et, naturellement, qu’un lecteur inspiré ajoute un troisième courriel aux deux présents serait, pour l’auteur de cette petite série, inespéré.

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Je ne redoute pas les morts, pas tous les morts…La pensée que ce chat fantasmagorique pouvait être le descendant dégénéré de quelque dragon enchaîné m’agrée beaucoup, et je n’eusse pas été peu fier de vivre dans un cimetière désaffecté gardé par une guivre.

M. de G. à C.B.

Enlevez une vertèbre et les deux morceaux de cette tortueuse fantaisie se rejoindront sans peine. Dans l’espérance que quelques- uns de ces tronçons seront assez vivants pour vous plaire, j’ose vous dédier le serpent en entier.

C.B. à M de G.

M.de G. la vie est un théâtre de la Flandre sa Flandre est un songe baroque, médiéval

C.B. petits poèmes en prose manifestent le spleen de Paris

UN POÈME

Un poème une nuit transfigurée neige sur la page

Un poème écrit sous les pavés la plage

Un poème d’où bondissent trois tristes tigres

Un poème qui hésite entre sens et son

Un poème qui se moque de la poésie et de ses définitions

Un poème présent des muses et des ruses de sa micro-histoire

Un poème couché par écrit avant que le dernier poète n’ait disparu

Et quand personne ne lira mes poèmes ?

DISPARITIONS

"L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les italiques sont des citations puisées dans l’œuvre du "disparu ».

Le reste est de l’auteur du blog « poésie mode d’emploi ».

DISPARITION

VII

Jacques Prévert

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 L’ENFANT DU PARADIS

 La beauté s’appelle plurielle

 Insoumis

Un sou mis Dans la fente du miroir brisé de l’enfance

 On ne récupère pas ce démon là et ses merveilles qui ne font pas de quartier

avec les militaires les présidents des dîners de têtes et les curaillons

Insoumis

Un sou mis Dans la fente De l’amour

Qui court après son soleil et son fleuve

 Qui ne fut pas d’Amour mais de Seine

À Paris dessous le Pont Neuf

Quand le vent du dernier jour

Achevant la romance

Éteignit sa bougie

 Il était une fois Prévert

Il était une fois sa poésie

Il n’y a pas de point initial Alors pourquoi un point final ?

LE DON ET LA DÉDICACE courriel 22

Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à chercher leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique « bibliothèque de Babel.« 

Et, naturellement, qu’un lecteur inspiré ajoute un troisième courriel aux deux présents serait, pour l’auteur de cette petite série, inespéré.

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Dédicace : on la définit comme une sorte de don, de présent, mais tout cadeau véritable est réciproque. Celui qui donne ne se prive pas de ce qu’il donne. Donner et recevoir sont une même chose.

J.L B. à A.C.

Le don n’est pas gratuit, mais il y entre une dimension ou une part de gratuité, ne serait-ce que sous la forme de jeu entre le « donner », le « recevoir » et le « rendre ».

A.C. à JL. B.

J.L.B ou le chemin des sentiers qui bifurquent

A.C. ou l’extension du domaine du don

UN ENFANT

Je fus enfant

Fan d’un enfant

Aux mille jeux

Et aux mille gaietés

.

Dorénavant

Je fais l’enfant

Avec mes petits-enfants

Trois fifilles

Et deux garçonnets

À qui je dis :

Les gars sonnez !

.

Je suis  l’enfant

Effervescent

Jouant des mots

Et des rimes

Équivoquées

Je suis l’enfant

Aux cheveux blancs

Et aux poèmes

Humoureux

Maurice Denis

Les devoirs de vacances

1906