De la raspa
D’un quarteron de généraux en retraite
De Prosper Yop la boum
De Rin Tin Tin
De Julie la Rousse
D’André Darrigade
De Gloria Lasso
Et du reste…?
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
De la raspa
D’un quarteron de généraux en retraite
De Prosper Yop la boum
De Rin Tin Tin
De Julie la Rousse
D’André Darrigade
De Gloria Lasso
Et du reste…?
La mémoire est un oubli qui s’ignore
Gérard Genette
Je me souviens J’ai oublié
Myosotis ou pavés de Guermantes
La main du spectre d’une amante
Je me souviens J’ai oublié
Le jardin où les figuiers
Brûlaient les yeux des impatientes
Je me souviens J’ai oublié
L’inconnu à la marjolaine
Et ma Bohème cette antienne
Où l’on tirait des lyres
Comme des élastiques
Je me souviens des nuits
Qui tournaient chacune de mes pages
En disant : C’est pour l’éternité !

J’ai souvenance de papa, maman, mais pas de la bonne et moi
J’ai souvenance du poinçonneur des Lilas qui faisait des trous des p’tits trous encor des p’tits trous
J’ai souvenance du trou de la Sécu qui chaque année se creuse un peu plus
J’ai souvenance des Frères Jacques athlètes complets de la Chanson
J’ai souvenance de J’ai la mémoire qui flanche mais je ne me souviens plus très bien qui de Perec ou de Queneau a écrit Pierrot mon ami
J’ai souvenance de Sydney Bechet enregistré avec Claude Luter et son orchestre sur disque Vogue au club du Vieux Colombier
Je me souviens de Quand passent les cigognes apportant en file interminable les enfants du baby-boom
JJ Dorio avec l’aide de sa couette et de Roland Brasseur de Souvenirs

Sur le clavier
Gardien des clefs
De mes musiques
Sur la portée de mon bloc
de bakélite
*
Sur mon blog
Poésie mode d'emploi
d’un poème quotidien
*
Quelques mesures
Mots en écho
Sur l’anatole des guitares
Avec le chant du mi premier
Et le mi grave qui fait pleurer
*
Et puis le pont des musiciens
L’immense minorité de mes lecteurs
Qui font chorus

Et quand personne ne me lira
Montaigne
-Mais pourquoi écris-tu encor ce que tu te donnes l’illusion d’appeler poèmes ?
-Pour les mouvements d’horlogerie contrariant le désespoir
Pour remercier Sainte Écriture de m’octroyer une cinquième saison
Pour le revolver à cheveux blancs
Pour le ciel zinzolin
Contre les paroles empoisonnées des hommes faillis, dénaturés, hors de connaissance
J’écris pour que les mots jamais entendus prennent le large

dorio 15/01/2026