DISPARITIONS

L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les italiques sont des citations puisées dans l’œuvre du "disparu ».

Le reste est de l’auteur du blog « poésie mode d’emploi ».

DISPARITION

VI

L’AUTRE GEORGES.P.

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SEUL. Se sentir seul et apprendre de sa solitude à décliner ses modes. Commencer, par exemple, après une période de vie en commun, à mieux respirer. J’ai été long à me trouver à l’aise que seul. Mais c’est seul que je respire le mieux. Pas très bien. La solitude est difficile. Mais les hommes instituaient in climat mauvais pour ma santé. Seul. Ne plus être sollicité par la vie domestique, dès les aurores, et reprendre dans son lit au réveil ses notes de lectures, découvrir des nouveautés, à jeun, laissant revenir la fringale de ses Papiers collés. Faiseur de notes invétérées, sur quelle marge puis-je les prendre, sur celle de l’immense livre ouvert qu’est la vie. Et qu’est cette vie, sinon le texte de l’Autre, follement sollicité.

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Le jour de sa disparition, le 7 février 2017, on pouvait lire sur le journal du soir :

LA CÉLÉBRATION DE LA VIE ORDINAIRE

 Nous apprenons la mort de l’écrivain Georges Perros, survenue le 24 janvier à l’hôpital Laennec à Paris. Il était âgé de cinquante-cinq ans.

LES GENS DÉRAISONNABLES SONT EN VOIE DE DISPARITION  de Peter Handke

FAULKNER À LA PLÉÏADE

LA MÉSANGE DE L’ENFANCE

La mésange de l’enfance avec qui l’on mésengeait

Le réglisse que tu disais au masculin la bouche noire

Les jeux des bords de mer

Les refrains de nos promenades

Main dans la main des toujours jeunes alexandrins

Cette manière douce folle que nous eûmes d’habiter le monde

Sans penser qu’un jour il faudrait le quitter

Résonances Maria-Dolores Cano

LE GRAND CHEMIN courriel 17

Ici, l’échange de courriels est imaginaire, mais non les messages que des auteurs, en chair et en os, écrivirent jadis, naguère.

Le lecteur est invité à rétablir leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique  « bibliothèque de Babel. »

17

Le grand chemin auquel se réfèrent les notes qui forment ce livre est, bien sûr, celui qui traverse et relie les paysages de la terre. Il est aussi quelquefois celui du rêve et souvent celui de la mémoire, la mienne et aussi la mémoire collective, parfois la plus lointaine : l’histoire, et par là, il est aussi celui de la lecture et de l’art.

J.G. à A.M

Caminante, no hay camino, el camino se hace al andar.

Toi qui cherches ton chemin, n’oublie pas qu’il ne se découvre qu’en marchant, infatigablement. JJ D

D’A.M à J.G.

J.G. auteur Au château d’Argol et lecteur : En lisant en écrivant

Poète espagnol majeur avant de mourir en exil à Collioures

il dicta ce dernier vers : estos días azules y este sol de la infancia

ces jours d’azur et le soleil de l’enfance

DEVANT LA PAGE PERSONNE

Devant la page dégun en parler d’ici

Il s’agit de tisser une nouvelle pièce

mais sans se formaliser outre mesure

Peindre le passage d’un mot à l’autre

Coudre ces fragments d’ontologie héraclitéenne

D’atomes dansant la gigue et la maclotte qui sautille

Traçant Marelle Terre et Ciel pour les petites filles en fleurs

Au point que ce texte puisse donner l’impression d’un mélange de doctrines diverses

D’un doute sur la visée qui vraiment l’a généré

Mais voilà contre vents et marées qui soufflent très fort en ce moment sur un monde dégénéré

La page sans personne s’est faite noir sur blanc

sur le papier

Puis a été dupliquée

sur l’écran noir de ces nuits blanches

Où l’on se fait du cinéma

.

Depuis Martigues

Sur Poésie

Mode d’emploi

08/01/2006

09/03/2026

Non stop

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L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les italiques sont des citations puisées dans l’œuvre du "disparu ».

Le reste est de l’auteur du blog « poésie mode d’emploi ».

DISPARITION

VI

L’AUTRE GEORGES.P.

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SEUL. Se sentir seul et apprendre de sa solitude à décliner ses modes. Commencer, par exemple, après une période de vie en commun, à mieux respirer. J’ai été long à me trouver à l’aise que seul. Mais c’est seul que je respire le mieux. Pas très bien. La solitude est difficile. Mais les hommes instituaient un climat mauvais pour ma santé. Seul. Ne plus être sollicité par la vie domestique, dès les aurores, et reprendre dans son lit au réveil ses notes de lectures, découvrir des nouveautés, à jeun, laissant revenir la fringale de ses Papiers collés. Faiseur de notes invétérées, sur quelle marge puis-je les prendre, sur celle de l’immense livre ouvert qu’est la vie. Et qu’est cette vie, sinon le texte de l’Autre, follement sollicité.