LA COMPLAINTE DU CORONA





Depuis qu’il y a le corona

Y a plus d’problèmes de circulation

pour les ouatures

Mais pour le virus c’est une autre paire

de masques





Depuis qu’il y a le corona

Y a plus personne dans les musées

Pauvre Joconde ça la déprime





Depuis qu’il y a le corona

Y a plein d’docteurs à la télé

Mais la télé elle guérit pas





Depuis qu’il y a le corona

Y a plus de matchs et plus d’joueurs

Qui font des signes vers le ciel





Depuis qu’il y a le corona

Les sites de rencontres sont fermés

Vu qu’on peut plus se bisouter





Depuis qu’il y a le corona

Paraît qu’les livres sont à nouveau de sortie

La peste L’amour au temps du choléra

et Astérix





Depuis qu’il y a le corona

On a découronné la reine d’Angleterre

Et le roi célébré par Brassens





Depuis qu’il y a le corona

Y a plus personne dans les églises

Mais à défaut d’hosties

On peut toujours manger du curé





Depuis qu’il y a le corona

Le veau d’or se fait du souci

Et pour les banquiers

C’est la bourse ou la mort





Depuis qu’il y a le corona

Le printemps des poètes c’est fini

Rdv en automne pour les violons

Des sanglots longs





Depuis qu’il y a le corona

Je reste au lit je broie du noir
Ça soutient paraît-il

Les petits planteurs de Colombie





Corona par là Corona par ci

Quand il sera plus là

Qu’est-ce qu’on va devenir ?


	

BRINS D’OISIVETÉ





« On n’est jamais poète, ni lecteur de poèmes, sans un brin d’oisiveté »

Paul Eluard





Oiseau oisif picorant Serena

« Sirène que mer hante

Dans la tempête chante »

Un vers d’une anthologie

qu’Eluard composa





En le récrivant ainsi

IX siècles bien après

Voilà Sirène femme-poisson

Reprenant sens et son





Brassens qui avait des lettres

La mit dans sa Supplique

Chantant dans la tempête

Pour que sur la Corniche

Son corps fut enterré





Philippe de Thaun

Poète médiéval

File la métaphore

Moins badin plus sérieux





C’est que à cette époque

Fallait à la fin des fins

Tirer tout vers Dieu

Sirène était la diable





Le poème dès lors

Se finit aujourd’hui

Pour nous les mécréants

En queue de poisson





Fallait oser l’écrire

MON PETIT-FILS ET LE CORONA





Mon petit-fils veut s’amuser

JJ i m’dit on cache-cache ?

On fait bagarre ? On joue au foute ?

Mon petit-fils veut que l’on fasse

Combat du rire nez à nez





Mais je peux pas papy est vieux

I veut pas attraper l’corona





Alors on joue par écrans interposés

On fait les pitres

On imite les singes et les oiseaux

Chant de la pie Roupie de sansonnet





À la guerre comme à la guerre

Mais on se languit que revienne la paix

ELLE S’EN FOUT LA MORT





Elle s’en fout la mort

De toutes vos prières

Surtout si vous y croyez





Elle s’en fiche bien vrai

De tous vos gestes en l’air

Comme si le ciel existait





Elle s’en moque la gueuse

De toutes vos insultes

Et de l’humour du condamné





Alors ami.e.s faut l’ignorer

Nonchalant d’elle

Elle viendra ? C’est son affaire

La nôtre c’est de vivre

Et pas à moitié !





italiques Michel de Montaigne

LES CHAMANES ET LE CORONA

LES CHAMANES ET LE CORONA

ON AURA TOUT ESSAYÉ





Quand je mourrai, puissé-je en plein travail partir !

                                               Ovide Amores





Je veux qu’on agisse, et qu’on allonge les offices de la vie tant qu’on peut, et que la mort me trouve plantant mes choux, mais nonchalant d’elle, et encore plus de mon jardin imparfait.

Michel de Montaigne





Les chamanes –hommes et femmes- contrairement à ce que croient ceux et celles qui ne les ont jamais croisés- savent des choses qui marchent ou qui ne marchent pas C’est à ça qu’on les reconnaît Devant la maladie les docteur.e.s de l’âme vont tout faire après avoir pris leurs informations dans le Monde Autre en agitant leur hochet en se faisant insuffler du peyotl qu’ils dégueulent tripes et boyaux Ils attendent le flash ils appellent tel ou tel dieu de leur panthéon naturel pour savoir quoi faire Mais les dieux i viennent ou i viennent pas C’est comme dans la crise du corona leur 15 est encombré Alors quand même sans message des Esprits de la forêt le chamane tente un dernier coup sa bouche fait entendre une vieille comptine où l’on plante les choux où l’on plume l’alouette c’est selon Et si leur malade meurt quand même son âme évanouie ils peuvent dire à l’assemblée qui se lamente vraiment mes frères de miel et mes sœurs de cendres on aura tout essayé