VIVRE DANS LES LIVRES

Vivre dans les livres

D’Emma Bovary (née Rouault)

Et d’Élise (ou la vraie vie)

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Vivre dans les livres

Des classiques Garnier

Et des romans de gare

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Vivre dans les livres

De Sylvie et de Jérôme

Dans l’univers des Choses

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Vivre dans les livres

Des bibliothèques liquides

Qui entourent

l’enfant de la haute mer

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Vivre dans les livres

Ivres de Cripure

Et des Pieds Nickelés

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Vivre dans le livre

De l’homme des Essais

Sujet merveilleusement

Vain divers et ondoyant

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Vivre dans les pages

Des Calligrammes

Cœur Couronne Miroir

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Vivre et mourir

Des Promesses de l’aube

Aux Mémoires d’outre-tombe

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De nos fortunes et infortunes

Faire le livre du Conatus

Persévérer joyeux et libre

Par ces paroles sur le papier

Chargées d’amour ou tues

JE NE SUIS PAS JE SUIS

Je ne suis pas papillonant dans le monde mais je suis écrivant dans mon lit

Je ne suis pas dans la lune mais je suis présent dans le livre d’un certain Plume

Je ne suis pas dans le divan du divin Lacan mais je suis sortant de la grotte du Cyclope accroché au bélier de l’ Odyssée comme Personne

Je ne suis pas dans un labyrinthe imaginé en aveugle par Borges mais je suis dans la bouche d’ombre qui m’a dicté pour moi seul  ces lignes contrastées (pour le moins)

NUIT DE PRINTEMPS

Nuit de printemps

Un printemps de plus

Sur mes cheveux blancs

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Nuit de printemps

Je lis des haïkus

Le cou reposant

Sur mon oreiller

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Nuit de printemps

Issa entend un rossignol

Seishi évoque un cerf volant

Basho confond grenouille

Et piment rouge

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Plouf dans le bénitier

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Nuit de printemps

Le jour s’est couché

De mauvaise humeur

Il arborait un gilet jaune

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Plouf dans le vivier

Des poésies printanières

Primesautières

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J’écris une dernière fois

Nuit de printemps

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Lenteur d’un lecteur

Passant d’une rive à l’autre

À quatre vingt berges

REGARDE ÇA

Regarde ça

dit un poème

dans les bras de la nuit

les mots veulent vivre

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Regarde ça

Côté mur blanc

Côté coup du sort

Qui se balance

Dans le mistral naissant

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Regarde ça

Au compte goutte

Tu presses tes mots

Tu n’y vois goutte

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Regarde ça

Tout doit disparaitre

Des champs magnétiques

Aux chants poétiques

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Regarde ça

Des vers sans rimes

Marchent sur la mer

La mort n’y mord

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Regarde ça

Une voie d’encre

Voix visitée

Par une Conception

Qui sonne

La fin de cette création

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Excusez le désordre

Elle a été imaginée

Dans une anse marseillaise

Du côté des Goudes

En cueillant un bouquet

De jaunes immortelles

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