TOMBEAU DE MICHEL PORTAL





Il faut que je lui sculpte une profonde statue en rien comme la poésie et comme la gloire. 

Statue en rien sur la tombe du musicien protée
En allé ce douze février deux mille vingt-six

Statue du souffle le souffle Portal
Portail du sax et de la clarinette basse
L’angoisse de la mort te serre le gosier

Comme si tu devais plus jamais jouer
Le vent qui crie au bailador : Dejarme solo
Foutez-moi la paix des cimetières
Des notes à la volée et de ses giboulées

Et de ses contre-points avec les copains jazzmen
Sclavis clarinette Galliano accordéon-piazzola
Portal bandonéon de Bayonne à Santa María

De Los Buenos Aires Bon vent Michel
Disons une vérité une vérité musicale quoi
Une danse circulaire au son de la clarinette
Basse d’intensité mais pour l’éternité


Michel Portal
27 novembre 1935-
12 février 2026

Picasso L’homme à la clarinette

VIV’ LA CHIENLIT


Au présent du rêve éveillé
Indifférent à l’air du temps
Je balbutie Freud dans le texte
Je revisit’ papa maman

On riait on pleurait en chœur
On tuait le cochon de mai
Sur la maie
On criait dix ans
Ça suffit !
Viv’la Zizanie
Et dans la rue on exhibait
Les deux humeurs
La noire la rouge !

La poésie nous désenvoûte
Et nous déconstruisant
Nous construit
Viv’ la Chienlit !

poésie mode d’emploi

06/01/2006

16/02/2026

non stop

DISPARITIONS

DISPARITION

 IV

 G.G.

« L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros

Les italiques sont des citations puisées dans l’œuvre du « disparu ».

Le reste est de l’auteur du blog « poésie mode d’emploi ».

 22

La plus sûre façon de jouir d’une mort discrète est de mourir le même jour qu’un autre plus célèbre dont la disparition éclipse la vôtre.

LE THÉORICIEN DE LA LITTÉRATURE GÉRARD GENETTE EST MORT

Le critique, créateur de la revue « Poétique » et auteur de « Figures », Gérard Genette est mort à l’âge de 87 ans.

L’ami G.G. qui concédait que « jouir » était une hyperbole, passa à côté de cette éphémère jouissance, car, vérification faite ni David Goodall, le scientifique australien disparu par suicide assisté en Suisse, ni Per Kirkeby, Danois à la peinture panthéiste, n’ont damé le pion ce jour-là, le 11 mai 2018, à notre Théoricien de la littérature, critique, créateur de la revue « Poétique », apparu dans la chronique Disparitions de notre journal du soir.

DÉCLINAISONS DES ARBRES

De l’arbre qui ne révèle pas ne cherche pas mais signifie/ de l’arbre où poussent les neurones de notre cortex /de l’arbre transfert aérien de notre for intérieur/ de l’arbre ébranché dans un alexandrin : voici des fruits des fleurs des feuilles et des branches/ de l’arbre qui irrigue les carnets et les cahiers de peintres qui essaient pour le figurer de prendre le recul nécessaire sur leurs pratiques millénaires/ de l’arbre qui cache la forêt des symboles /de l’arbre composé par les mille et un contes de la nuit /de l’arbre apparaissant sur la langue tirée par monsieur Einstein /de l’arbre mort de mon jardin un cerisier dont j’ai conservé le tronc et les fourches pour m’y asseoir et converser avec mes livres imaginaires qui tels l’oracle de Delphes ne révèlent pas ne cherchent pas mais signifient /de l’arbre du signifiant en ces chaos inattendus cahin caha/ de l’arbre de la barque de Francis Ponge qui s’en va couçi couça « comme tout au monde à sa perte, tel un fétu »/ de l’arbre des contes populaires du petit poucet et du baron perché /des arbres de toute une vie où figurent l’écorce et la chair de nos autoportraits /de l’arbre qui s’efface et fuit la terre en feu/ de l’arbre qui déploie ses racines dans le sol jaune des amours contrariées ou perdues/ de l’arbre résistant contre vents et marées

acrylique encre de chine détail Dorio 15/02/2026

POÈME EN PROSE

POÈME EN PROSE n’est pas mon fort. Il se déplace sur cette page, oscillation à plat de l’espace et du temps, libellule du Bataclan au-dessus d’une mare de sang.

Poème bleu, oreilles d’âne qui soulignent l’arbre tordu sur les Calanques, près de l’île Maire où s’écrasa le zinc d’Apollinaire.

Puis tout s’efface, comme l’Eden sur tableau noir, la pipe du pape Pipu et le travers de porc qui vous brûle les doigts.

*

Poésie mode d’emploi

06/01/2006

15/02/2026

non stop