LES CHOSES ESSENTIELLES

LES CHOSES ESSENTIELLES

Les choses essentielles nous voulons les dire  avec des poèmes

– Quelle prétention! –

Les choses essentielles et leur Beauté

Qui n’existe ni ne préexiste mais qu’il faut forger

La Beauté et ses mille façons qu’ont les Poètes de la côtoyer

Ou de l’éreinter

Les choses essentielles nous voulons les dire avec des poèmes

Contradictoirement et légèrement…en cette seconde vie

Que le rêve révèle  et que le verbe dit

COMME PAR UN JOUR DE FÊTE

COMME PAR UN JOUR DE FÊTE – Jean Jacques DORIO – Vos poèmes – Poésie française – Tous les poèmes – Tous les poètes

COMME PAR UN JOUR DE FÊTE

Comme par un jour de fête

Mais une fête sans fétards

Comme par un jour de flammes

Qui ne brûlent aucune chair

Comme par un jour de répit

Comme un jour de sablier

Heures fondues grain à grain

Comme par un jour où l’on se livre à la lecture

En silence sans remuer les lèvres

Comme par un jour de vent mistral

Ouvrant les rides des pages

Comme par un jour d’incertitudes

De points d’écoutes divergentes

Filant doux l’ironie :

Par le chien! Par Zeus!

Comme par un jour sans fin

Un jour à lire Shakespeare à son chat

Comme par un jour d’éternité

C’ÉTAIT QUOI TON RÊVE ?

c’était quoi ton rêve ?

tu voyais ta maison d’enfance

côté jardin

c’était quoi ton rêve ?

tu courais dans les llanos

à la poursuite d’un tatou

c’était quoi ton rêve ?

on entendait le sifflet d’un train

te conduisant à Macchu Pichu

c’était quoi ton rêve ?

la pluie mêlée aux larmes

et deux vers de saison

que tu te répétais

c’était quoi ton rêve ?

tu revoyais ces bœufs

emportés par l’Arize* en crue

*rivière qui passe à La Bastide de Besplas (Ariège)

  c’était quoi ton rêve ?            

de l’alambic coulait

la blanche aigardent*

*eau de vie (occitan)

c’était quoi ton rêve ?

les sabots de ton père

cloc cloc les esclòps

c’était quoi ton rêve ?

tu entendais autour de minuit

le chot* du grenier

et tu te fétichais

 *chouette (occitan)       

c’était quoi ton rêve ?

le tambour du garde champêtre

au milieu de la place

qui servait de cour d’école

annonçait la venue du cirque Besson

qu’on se le dise !

c’était quoi ton rêve ?

tu le sais bien

ces images qui comme tes pages

disparaissent au fur et à mesure

de leur lecture

c’était quoi ton rêve ?

le rêve de ce rêve

où tu entrais dans l’arène

la reine des abeilles*

*Claude Nougaro

À LA BASTILLE ET EN FOULE

14 | juillet | 2007 | POÉSIE MODE D’EMPLOI

QUATORZE JUILLET

Pas à pas dans la nuit

Un chat guette son ombre

Mais il se trompe de nuit

C’est une nuit sans ombre

C’est une nuit d’éclairs

De soleils et de bals

De jazz au Chat qui pêche

Et de java aux Halles

C’est une nuit d’juillet

De Jules et de Juliettes

Et de drôles de zèbres

Peints par Vincent en Arles

Ils écrasent les chats

Avec leurs pas de danse

Pas à pas dans la nuit

Ces lignes ont bougé

Mais l’Histoire ne dit pas

Comment les achever

Ce n’est pas le sujet

Dit jeunesse qui roule

Et qui chante Mimi

Où ça ?

À Bastille et en foule !

TRADUIRE C’EST UN PEU MOURIR

13 | juillet | 2007 | POÉSIE MODE D’EMPLOI

L’OISEAU RARE

Traduire ?

D’abord un gagne-pain, dit le poète qui ne voulait pas professer ou polir des lentilles, ou- pourquoi pas, après tout- labourer : tout un art si l’on veut bien reverser une terre droite et propre au monde des vers blancs et des bergeronnettes suiveuses…

Traduire ?

Pour le gagne-pain, en tout cas, la poésie est interdite:   zéro franc zéro centime la ligne!

Mais…    Il y a des éclairs qui traversent le ciel du traducteur, une longue phrase retorse ou cinq mots d’accalmie, après de longues pages de signes moribonds…

Mais, il y a la fragilité d’un cou sur la mer, le sourire de votre fille de vingt ans qui ne veut pas que vous quittiez déjà la fête, le chant de l’alouette qu’un fusil va abattre, tel est le cœur…vous connaissez sans doute?

Alors traduire ?

Si vous ne connaissez pas d’abord le cœur et l’émotion, jetez vos livres de poésie et marchez longtemps seul, sur les plages, dans les forêts, les montagnes qui ne sont sur aucun dépliant touristique, seul ou accompagné(e) de votre âme sœur, de votre génie frère.

Alors, assurément, on confond les activités, on traduit ce que l’on écrit. C’est le centre et la périphérie, c’est la façon de ne pas tout à fait mourir le jour de son enterrement – d’y assister un peu tout de même comme écrivit Apollinaire- puis de s’envoler comme l’oiseau rare, ce lecteur idéal de nos livres d’images…