Il parlait de survie
Mon poème perdu
.
Quelque chose flottant
Devant les coups du sort
.
Il berçait son souci
Chantonnant pour ses morts
.
Puis des pieds à la tête
Il a disparu
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Il parlait de survie
Mon poème perdu
.
Quelque chose flottant
Devant les coups du sort
.
Il berçait son souci
Chantonnant pour ses morts
.
Puis des pieds à la tête
Il a disparu
Le nombre de jours entre le 08/01/2006 et le 26/01/2026 est de 7323 jours soit 7323 poèmes (et quelques autres venus de lecteurs et de lectrices ouverts et réactifs)
nb d’abord hébergé par lemonde.fr le blog a dû migrer sur wordpress quand le journal du soir a décidé (stupidement) de supprimer tous ses blogs
08 janvier 2006
Ce lieu est destiné et dédié, à ceux et celles qui, leur vie durant, lisent, écrivent des poèmes. Celles et ceux qui, contre vents et marées, se retrouvent, s’oublient et se ressourcent, dans ce singulier « objet verbal, contenant et sécrétant une substance impalpable, rebelle aux définitions et qu’on appelle poésie. » Octavio Paz, précité, parlait aussi de l’autre voix. « L’autre voix, écrivit-il, n’est pas celle d’outre-tombe ; c’est la voix de l’homme endormi au fond de chaque homme. Elle a mille ans, elle a notre âge et n’est pas encore née. »
Et maintenant place à la pratique et au mode d’emploi. Je vous donne un poème inédit par jour ; ils viendront par séries. Celle ou celui, qui veut ajouter sa voix, écrit à son tour et m’envoie son poème ; si je le choisis, il s’inscrit un jour, dans la série présente. Poèmes-éphémérides, danse des éphémères sur un pont à construire, libre et fraternel.
Jean Jacques DORIO
08 janvier 2006
POUR OCTAVIO PAZ
Aísla ; Une.*
Elle isole- laisse chacun en son isle- ; elle unit, lance ses filets immatériels, créant quelquefois des liens.
Hija del azar ; fruto del calculo.*
Fille du hasard, du coup de dés, quand bien même lancé** etc ; fruit du calcul, de la patience, de la syllabe comptée au plus juste, du petit caillou du scrupule verbal.
Formules sans fin pour celle- la Poésie- qui montre tous les visages, ostenta todos los rostros.*
Curieuses faces que ces rostres qui désignaient la tribune aux harangues parce qu’elle était ornée d’éperons de navires, pris à l’ennemi.
Et la proue écumante et le rostre qui plonge.***
Nous avons en effet le souvenir de temps hors bord, vécus dans les résonances et saveurs d’un poème.
Pues el poema es vía de acceso al tiempo puro, immersión en las aguas originales de la existencia.*
Car le poème est voie d’accès au temps pur, immersion dans les eaux originales de l’existence.
La proue, les rostres, les coups des ennemis, les liens, la solitude, les dés, les harangues, l’arc et la lyre.
* Octavio Paz ** Mallarmé *** Régnier
Vingt ans ans d’obsession
Un texte chaque jour
Apparaître verbal
Sur ce blog de WordPress
Un texte à compléter
Un texte papillon
Comme un battement d’ailes
Pollinisant l’esprit
De l’Autre qui est en nous
Des autres qui le lisent
Vingt ans d’illusions
Et de belle utopie
Martigues 26 Do Rio de Janeiro 2026
Autour de minuit la journée s’achève
« C’est l’heure de bloguer sur poésie mode d’emploi » affiche l ‘iPad sur lequel je prose ces quelques lignes
Cette poésie sans mode d’emploi (le titre du blog est un leurre)
Ce sera passé minuit maintenant un poème propulsé du bas vers le haut
Telle une flèche un javelot
Un poème contrarié au cours de son ascension par la gravité
Mais qui connaît l’instant insaisissable où il ne monte ni ne descend
En suspens
Poésie
Que nous avons lue et dite
Et parlée
Tant que la source du temps
A compté encore des jours
Jacques Roubaud
.
Devant la mort des vers
Dans l’espace public
Nous restons silencieux
.
Nous les avons tant aimées
Ces lignes qui nous faisaient
Lire la poésie en silence
Dire la poésie d’une voix
Jamais la même
.
Devant la mort des poèmes
Nous relisons Plupart du temps
Un appel muet
Dans la citadelle Poésie
Délabrée

MON PETIT MÉTIER
J’écris sans ratures
la Plupart du temps
-ce titre blason de Pierre
Reverdy-
dans le calme des nuits
Autant de pierres blanches
Que j’échange en chemin
Avec je-ne-sais-qui
Qui lit je-ne-sais-quoi
Seul.e un.e ami.e
parfois
Me rend la monnaie
de la pièce
Au centuple
Voilà une à une
ces lignes qui
à peine le temps d’y penser
sont au cœur
de mon petit métier
Il est bon de faire dons sa vie durant
De faire don de ses incertitudes
de ses doutes
mais aussi de ses redoutes
De faire don de ses réussites
avec ou sans le chien
Il est bon de faire aux lecteurs
Présents et Offrandes
et bon de mettre à jour ses récitatifs :
Nuit me voici sur tes boulevards circulaires
Je tourne et retourne mes vers
Mètres et rimes, boustrophédons,
Le poème est un art que rien ne décourage
como di neve in alpe sanza vento Dante
comme neige sur l'Alpe un jour sans vent
Comme neige les mots fondent
sur la page vierge
Comme des haïkus langoureux
Un chœur de petites voix