pour les enfants et pour les raffinés
comme disait monsieur Max Jacob
Je ne dors pas dit l’insomniaque qui tourne en rond
Tiens j’ai écrit un alexandrin dit Machin
Il entend le vent de mer qui fait la farandole
Je ne dors pas je ne dors pas je ne dors pas
Faudrait mon cher faire survenir autre chose
Faire l’original Pousser la porte absente
Une ancienne figure me souffle un lettré
Un autre en rajoute : plagiat anticipé !
Je laisse là mes vers bien trop alambiqués
Colloque sentimental d’une forme passée
Author Archives: Jean Jacques Dorio
À LIVRE OUVERT
À livre ouvert mais sans trop de pouvoir sur ces lignes qui se déroulent et s’échappent comme des serpents
À livre ouvert faisant crisser les mots gros-gras-grand-grain-d’orge qui nous remettent en tête nos années théâtre en Mai 68 où nous chauffions nos voix d'acteurs amateurs
À livre ouvert aux aurores rose du ciel comme avant une journée d'été brûlante
À livre ouvert pages arrachées et qui s’envolent capricieuses offertes à notre humaine condition qui en ces temps crépusculaires aiment plus que jamais célébrer les couleurs les lumières et les sons

Hans Reichel (9 août 1892-7 décembre 1958)
Composition 1954
aquarelle et encre de Chine sur papier
19,3x27,3 cm
découvert avec enthousiasme au musée de Lodève ce 12 juin 2025
LIGNES IGNORÉES
Lignes ignorées
Traces uniques éphémères
Reprises de pensées qu’on avait oubliées
.
Après huit jours de balades
Je retrouve mon pieu
Où je prose cette ballade
Mes manies d’écriture
Après un premier somme
.
Je retrouve en somme
L’éphémère quotidien de nos nuits
Où nous rêvons éveillés
Cherchant obstinément
Les mots pour le dire
.
Avec toi qui me lis
En prolongeant j’espère
Ce qui parle dans ta tête
Et toi qui ne fais que passer
Sur ces lignes nouvelles
Des profanes ignorées
.
Martigues 12 juin 2025
LE MONDE S’ÉCRABOUILLE
Le mode s’écrabouille, se trucide, se déchire et toi tu continues, ignoré de Balzac et des lecteurs futiles, à produire tes vers de mirliton, faisant tourner à qui mieux mieux ta toton, toupie d’un rituel d’oubli des sinistres réalités.
Oui, mais, aussi, cependant, travailler la métaphore vive, ne pas admettre sa perte, persister dans ce chant baroque des piétinements, basse continue et oxymorons, au grand dam des écrabouilleurs en tout genre, des trucideurs, des faiseurs de guerres infâmes,
Coeur d’amour épris, écrit Matisse fatigué, finissant, en découpant ses papiers de couleur, oiseaux du jazz, signes en verve, manière pour quelques secondes précieuses de réparer les maux du monde, et d’en éloigner jusqu’au bout, les amoureux fervents et les savants austères.
Millau la nuit du 11 juin 2025
UN GRAIN DE SABLE
Un grain de sable se retourne dans le sablier universel la main l’écrit dans le suspens du mouvement dans le silence d’un exercice de style : variations sur les connexions entre la poésie et le temps mesuré par le grain grain des mots sur la page comme une lettre fragile glissée sous la porte après une nuit d’insomnie