FORMER L’ALEXANDRIN COMME UNE IDÉE DE L’HOMME

Former lalexandrin comme une idée de lhomme Alexandrin Alexandra nous voilà dans de beaux draps, « voiles sur les filles », dune Égypte chantée par Claude François « Étonnants voyageurs ! Quelles nobles histoires Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers ! » Humour, amour baudelairien, les vers sont nos amers Je ratisse les feuilles jaunes du cerisier Et sur mes papiers vierges ces Essais qui se moquent de lété, de lautomne, mais non du printemps des peuples qui revient avant lhiver chaque cent ans Former lalexandrin comme une idée du Léthé traversant les Enfers, les violons écorchés, les cris des martinetsCette manière de poésie « qui nous aide encor à vivre, malgré tout le reste », mécrit en une charmante carte Philippe Jaccottet

https://www.leseditionsdunet.com/livre/un-dictionnaire-part-moi

APRÈS LA PAGE BLANCHE





Après la page blanche une autre page blanche

Effronté comme un page Sous les pavés la plage

On devient chocolat en faisant poésie





Après la page blanche le coup de dés fatal

Un poème de deuil après le dur cancer

vainqueur On devient fou À tort et à travers





On crie sur le papier On rend ce crâne vide

à son rire éternel On redit Valéry

au cimetier’ marin où picorent les focs





Sur cette blanche page qui s’irise de gris

Un non-sens verlainien sur l’ardoise indécise

Proche du pur zéro et d’un poème toc





Après la page blanche une autre page blanche

C’est la tienne lecteur grognard de poésie

Qui poursuit impassible le déni de sa mort

L’écriture d’un vers qui te fait chocolat





Ah ! ah ! les vibrations du vieil alexandrin

Jusqu’à ce derniers vers…inachevé pardi !





25 mai 2021





À la mémoire de Josiane Dorio (10 avril 1952-25 mai 2014)

Ma chérie

MOTS ARRACHÉS

manuscrit avec hypnographies




Quelques mots arrachés au silence de la nuit

L’agate les corbeaux les pensées la poussière

L’enfance de Van Gogh Descartes cogitant

Ça ne mène pas loin mais ça fait exister

L’alexandrin boiteux la rime passagère

« Ça éloigne de soi » après un vieux rêve

Où l’on revoit sa grange pleine de totems

Une faux un marteau une pierre de Rosette

L’odeur du foin coupé des plumes de corneille

Échange de regards des objets au sujet

Les mots comme arrachés ont parlé dans la tête

Mais sur la page blanche ils n’ont fait que passer





02/01/20201

quelques mots arrachés

DEUX NUAGES SUR UN OPÉRA DE BAMBOU





MINUTIEUSE, (peut-être), mais MÉTICULEUSE, point. Cette préface sans signature, dont on peut supposer qu’elle fût dictée par l’auteure, avait le charme des formules à l’emporte-pièce, où régnaient la bonne humeur et l’innocence d’un premier ouvrage qui allait être publié.

« IMAGINER sans retenue, mais, OBSERVER lucidement », lisait-on aussi. Et par exemple, à propos d’un vers unique ainsi libellé, « Deux nuages sur un opéra de bambou », la narratrice précisait que cet alexandrin (fortuit), lui était apparu, alors qu’elle essayait de jouir d’un premier somme, s’endormant sur une nouvelle, traduite du japonais et qui avait pour cadre le célèbre jardin Zen de Kenroku-en.

Je rallumais et notais ce vers unique sur un petit carnet à spirale, comme on note les silences, sur une partition de musique contemporaine ressemblant à un calligramme.


	

UNE FORME A PASSÉ

 
pour les enfants et pour les raffinés
comme disait monsieur Max
 
Je ne dors pas dit l’insomniaque qui tourne en rond
Tiens j’ai écrit un alexandrin dit Machin
Il entend le vent de mer qui fait la farandole
 
Je ne dors pas je ne dors pas je ne dors pas
Faudrait mon cher faire survenir autre chose
Faire l’original Pousser la porte absente
 
Une ancienne figure me souffle un lettré
Un autre en rajoute : plagiat anticipé !
Je laisse là mes vers bien trop alambiqués
 
Colloque sentimental d’une forme passée