PREMIERS FEUX

Premiers feux de bois
Obtenir de belles braises
Sur un lit de cendres

Martigues 24 novembre 2023

Ce que la hache désunit la braise le renoue, fibre à fibre.
Ainsi le feu tisse les paroles.


Claude Brugeilles Papier Païs



Au soleil joyeux dans un ciel tout bleu : des souvenirs, des erreurs différentes, des larmes au fond des mains du rire sous la cendre, du sable et des charbons la vie ramène, le temps perdu...

Michel Chalandon

https://poesieafranquevaux3.blogspot.com/

J’AI BESOIN ET JE N’AI PAS BESOIN D’ÉCRIRE

J’AI BESOIN ET JE N’AI PAS BESOIN
D’ÉCRIRE

Le travail du Temps est ce qui fait qu’on s’absente de soi
Jusqu’à l’ultime absence 
Il est altération
Il est l’Autre qui s’insinue dans la place du Même

François Hartog

J’ai besoin d’écrire
Travail sur le temps permet
S’absenter de soi

J’ai besoin de rire
	De rire de soi permet
De rire des autres

Ceux qui la ramènent
Ceux qui donnent des leçons
Ceux qui nous emmerdent

J’ai besoin de lire
Voyager à l’intérieur
Sillonner des pages

J’ai besoin d’un rien
D’une page des Essais
D’Azertyuiop

J’ai besoin des nuits
Ou je prose tous mes vers
Au lit Litanie

J’ai besoin de l’œil
Que Nature m’a fait
Marron point vert

J’ai besoin plaisan
Terie à part de mentir
Pour faire plus vrai

J’ai besoin de soins
Alternatifs : l’air de rien
La lyre d’Orphée

J’ai besoin de voix
Les chères qui se sont tues
Les Nouvelles Nées

J’ai besoin de voie
Celle qu’on ne peut nommer
L’Arcancielesque 

J’ai besoin de toi
Toi qui fus ma seule au monde
Toi qui nages dans mes pages

J’ai besoin et je n’ai pas besoin
De lèvres sur les livres
Empreintes de soupirs

J’ai besoin d’écrire
Le mot fin le fin mot
D’une histoire inachevée

La nuit du 10 septembre 2023

ANTHROPOCÈNE EN SEPT HAÏKUS

ANTHROPOCÈNE EN SEPT HAÏKUS

Pour Danielle et Jacquie


Il n’y a personne
On est parti anthropo
Cène Scène vide

C’était bien pourtant
Nos aurores affaiblies
La mélancolie

Des soleils couchants
C’était Verlaine et Saint-Jean
Bleu de l’oubli

Matière ardente
Sans la mortelle extraction
Du maudit or noir

Il n’y a personne
Notre seule Terre est morte
Un seul dernier rêve

D’un desdichado
Un troubadour perdu
Desafinado  

Mélodie faussée
Sur la lyre d’un Orphée
Qui n’a plus d’ouï


Italiques Paul Verlaine Jacqueline Saint-Jean

Entrevoir
Les mondes
De nos anciennes
Certitudes
À contre-jour
À contre-temps
Un présent
Dans la splendeur
De l’Aurore
Où l’on recoud
La déchirure
De notre mise
Au monde
Par notre geste
D’Écriture

photographie et poésie
de Danielle Nabonne