PETITS ESSAIS SUR LE BUREAU débuts qui ne vont guère plus loin que le bout de quatre à cinq lignes sur l’écran hanté par le blanc
Des restes de biographies supposées : Shakspere – comme signe sa dernière main – baptisé à la cervelle de lièvre
Des bribes de fantaisies : pour dépoussiérer une page d’Écriture rien de mieux que le souffle divin lit-on sur la page d’un athée notoire
Ou bien se dessine la figure des controverses tel un cercle carré dit Spinoza voulant réfuter un argument de ce Guillaume de Blyenbergh courtier en grains qui lui cherche des noises sur Dieu le Mal et le reste
Et puis après fabulations histoires vraies approches du concept
on signale la présence de l’Autre sous le porche de l’accueil amical
Ce prochain qui enfin fait silence et se contente d’ouvrir la porte-fenêtre de son bureau
qui donne sur le jardin d’hiver
ce monde ouvert devant le texte écrit le philosophe Paul Ricœur
II
DEVANT LA PAGE PERSONNE
morceaux tissés d’une attention formelle mais sans se formaliser outre mesure
peignant le passage d’un mot à un autre
lambeaux cousus d’ontologie héraclitéenne d’atomes dansant la gigue la maclotte qui sautille la marelle terre ciel
des petites filles en fleurs
au point que ce texte puisse donner l’impression d’un mélange de doctrines diverses
d’un doute sur la philosophie qui vraiment le soutient le pinceau qui le peint le pain de seigle d’orge qui le nourrit