Je dois manquer de fer dit Albert Qui n’arrive plus à monter la côte Qui le mène à son logis Demain : épinards Choux de Bruxelles Et brocolis Lui dit Albertine Qui se porte à côté de lui Comme un charme Ah ! non pas de brocolis dit Albert La dernière fois Ils m’ont donné la jaunisse Oh hisse oh hisse Dit-il pour s’encourager Mais le cœur n’y est plus Et d’ailleurs le lendemain dans son lit Il défaillit
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LECTURE PRÈS DU CANTOU
801 IL Y A DES AUTEURS lit-on QU’ON NE LIT PLUS GUÈRE et des auteurs, c’est mon cas, qu’on ne lit guère. À la guerre comme à la guerre. Cette guerre impitoyable aujourd’hui qui devrait rebattre les cartes de nos lectures et de nos préoccupations. Nous faire passer en mode Journal des années noires 1 Sans cependant dépérir, mais, au contraire, trouver, même si elles sont des plus infimes, des raisons de rebondir. Voilà j’y suis, je laisse au plus grand nombre (et en particulier à ceux qui vivent en réseaux) la frénésie cannibale d’un présent tyrannique 2 et seul dans mon petit coin (ce cantou cher à mes parents occitans, petits paysans qui alimentaient leur cheminée l’hiver de bois de chêne et non d’espérances creuses), je me lance une fois de plus, toute affaire cessante, dans la lecture d’un petit pavé blanc (350 pages, couverture 22×16 cm, épaisseur du bouquin 2,5 cm) qui nourrira mon désir de mieux comprendre, d’y voir un peu plus clair, et donc de donner le change à cet impitoyable aujourd’hui. 1 Jean Guéhenno 2 Emmanuelle Loyer L’IMPITOYABLE AUJOURD’HUI : un titre pris à Jean Guéhenno est un Essai qui est paru en juin 2022 sous la plume d’Emmanuelle Loyer
POUR EN FINIR AVEC POUTINE
Le temps est un enfant qui joue Et les enfants massacrés sur l’ordre de Poutine Vont revenir le jeter dans les poubelles de l’Histoire Mais avant ils lui tireront une balle dans la bouche Ils lui mettront du rose aux joues en lui chantant : Que tu le veuilles ou non ma belle Tu vas y passer et tu ne vas plus faire ton mariole Comme à Boucha ou à Marioupol
INNOCENTE VIEILLESSE
Vieillesse n’interdit pas les moments d’innocence : l’écriture d’un poème, les jeux avec nos petits enfants, les instants où l’on devient sujet d’un récit. Cette nuit j’ai été Vendredi mâchant une graine d’araucaria, j’ai navigué dans mon navire o ma mémoire et j’ai retrouvé la formule attribuée à Heraclite l’Obscur, le Temps est un enfant qui joue.
SUITE D’HAIKUS
Réveil en silence Depuis que je vis tout seul Parlant au papier / Bégaiement heurté D’une langue métissée Mon corps est nomade / Horizon du texte Des courants alternatifs De nos fruits hâtifs / La page me tient Dépouillé de toute chair Ancré dans mes encres / Les mots m’imaginent Me font du bien ou me brisent Figures fissures