BÈL ESTIU

BÈL ESTIU

Quand veniá l’estiu
L’anar de la jornada èra cambavirat
Las vespradas s’esperlongavan
Dins de discutidas sens fin
O de partidas de petanca sens tèrme
Lo mond se levavan d’ora
Per anar sofrar ò asaigar l’òrt
Al caumanhàs demoravem sota las voltas
Al fresc per penequejar suaus
Dins lo clar-escur de la cosina
Ai de remembres vius
D’estius longaruts coma etèrnes
Enfants ganhavem nòstra libertat
Era l’aprendissatge de la vida
Sovent dins las carrièras
Se parlava dau temps que fasiá
Lo mond esperavan la pluòja
Totes al vilatge aviám un ligam
Qual amb la vinha, l’oliu ò l’òrt
Lo bèl estiu es sempre lo
Que gardam en memòria
Confle de totes nòstres espers
Caldriá benlèu retrobar
Aquela vòlha, aquel vam de desirar
Un estiu tant bèl qu’una abraçada fòrta e corala 

 Joan-Pau Creissac julhet de 2023

Merci infiniment pour cet impromptu 
que tu m'as envoyé amic Joan Pau
écrit dans la langue de mon père
J'ai tenté ci-dessous une traduction

LE BEL ÉTÉ

Quand venait l’été 
La marche de la journée en était chamboulée
Les vêprées s’allongeaient
Dans des discussions sans fin
Ou des parties de pétanques ininterrompues
Le monde se levait matin
Pour aller soufrer la vigne ou arroser le jardin
Pendant les grandes chaleurs on restait au frais
Pour sommeiller au calme
Dans le clair-obscur de la cuisine
Autant de souvenirs vifs
De ces longs étés qui semblaient durer une éternité
Enfants nous gagnions notre liberté 
C’était l’apprentissage de la vie
Dans les rues souvent
Nous parlions du temps qu’il faisait
Le monde espérait la pluie 
Tous au village avions un lien particulier
Qui avec la vigne
Qui avec l’olivier du jardin
C’était le bel été
Celui que nous gardons en mémoire
Gonflé de tous nos espoirs
Il faudrait peut-être retrouver
Cet élan cette impulsion 
Ce désir d’un été aussi beau 
Qu’une accolade forte et chaleureuse

ma traduction Dorio 2 août 2023


JUILLET JUJUBE ET JUJUBIER

LECTEURS DU BLOG

POÉSIE MODE D’EMPLOI

PASSEZ UN BEL ÉT֤É

L’internautonier pousse sa barque :

lebontempsdelavie

Une anthologie

 pour les lecteurs de poésie

http://lebontempsdelavie.centerblog.net/

« Envolez-vous, pages tout éblouies ! »





Septième mois : juillet. Jujube et jujubier.

Septième vie dans la cité de la Concorde,

Quand tout autour le monde violent se défait.

Nous maintenons récitatif, cordes de feu,

Souffles des poésies, simplement et sans bruit.

Écrire sans raisons, c’est ma raison d’écrire.

La lune a disparu dans un coin du verger,

C’est le moment de déployer nos alphabets.

Belles de nuit, filles d’Orphée et feux follets.

Jetez les dés, portraits au crayon des poètes

d’ici et maintenant, dessins de  Jacques Basse.1

On l’entend sans la voir ma bouteille à la mer,

un peu de souffle, un peu de chant, beaucoup de temps,

Source des nuits qui la remplit d’une eau discrète.

On la voit sans l’entendre, fiasque, fiole, fillette,

Ailes de papillon, vertiges de mouettes,

Je les confie au vent, à la joie qui sécrète

ce miel secret pour le lecteur de l’autre rive.

Humour, légèreté du murmure intérieur.

Va-et-vient des poèmes que l’on dit essentiels.

Le- bon-temps-de-la-vie, j’ouvre une anthologie,

Un poème par jour alternant homme, femme,

divers, vivants et bien vivants…et loin des maîtres!

Sous l’écorce des mots de la tribu, l’aubier,

La vie du langage qui nous donne vigueur,

joie, puissance d’agir, ABC fraternel,

imagination (faites la diérèse).

Le grand-duc au grenier, un poète empaillé.

Il se plaint de sa vie, du destin, du cogit

Ô nausée, vie absente, couchées sur papier bible.

1 « Visages de Poésie » Editions Rafael de Surtis

JUILLET JUJUBE ET JUJUBIER

Un poème publié par Michel Cosem à Encres Vives

Dans le recueil

DOUZE MOIS EN ALEXANDRINS

Collection Encres Blanches n° 663

Avril 2016

ZÉPHYRE BELLE ENDORMIE DE SCUDÉRY





2
Je lance un scud sur Scudéry
Un missile imbécile sur
Zéphyre la Belle Endormie
Qu’il écrivit d’une main sûre

La Belle du sonnet repose
Les yeux fermés pleins d’agrément
Ses seins demi-nus palpitant
Son haleine parfum plus doux

Que l’esprit de musc et de rose
Le Poëte on le lit abuse
Use de figures futiles

Mais qu’il me plait de retresser
C’est une dame revisitée
Par des métaphores qui filent

Georges de Scudéry (1601-1667)

série : Lir'écrire encor des sonnets ? Il faut être sonné !