
Le collage avec l’âge ça me rajeunit
Morcelé Mort scellée?
Je m’en fiche
Quand je colle au symbole
De l’irréalité
collage 42×30 cm 20/07/2023 22h
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

Le collage avec l’âge ça me rajeunit
Morcelé Mort scellée?
Je m’en fiche
Quand je colle au symbole
De l’irréalité
collage 42×30 cm 20/07/2023 22h
1
Sur un thème connu me voilà variant
Mariant la contrainte avec la fantaisie
Dans la nuit solitaire triste oiseau se riant
De l’amour malheureux plantant ses banderilles
J’accumule mes plaintes mes peines et tourments
Je me perds dans les bois de ces amants d’Ovide
Transformés en tilleul en rameaux de gourmands
Sur la barque d’Amour je rame dans le vide
Quand finit ma complainte la nuit et le silence
Me laissent démuni passereau solitaire
Je refuse pourtant tout ce qui me fait taire :
L’absence de désir le malheur la souffrance
La langueur de mes rimes mes belles adversaires
Dernier vers Ô Lecteur en absence…Va riant !
Sonnet écrit d’un premier jet ce mercredi 19 juillet 2023
Avec l’aide de La Roque (Siméon Guillaume) vers 1551-1611
Merci à Henri Tachan (2 sept 1939-16 juillet 2023)
auteur interprète au firmament de la chanson française
Jacqueline Saint-Jean écrit à l’ami poète en allé…
Il s’en est allé, l’ami poète, nous laissant soudain dans la sidération, la tristesse, le silence…
Lui si présent dans nos vies d’écriture, nos rencontres, nos lettres, si vivant dans son œuvre qui m’accompagne depuis Le temps des sèves et Le givre et la raison, dénichés dans une librairie toulousaine en 1971, et ses fascinants premiers romans chez Laffont, Haute serre et La chasse Artus. Nos premières rencontres entre 73 et 75, à Bruguières, Carmaux, alors que j’animais un atelier lecture d’un de ses poèmes. Puis, avec lui et Le Sidaner, Tixier, Lovichi, à Viazac en 1975, lors de journées Encres Vives et GFEN [1], où j’animais un atelier d’écriture, moment essentiel dans mon parcours et mes relations avec la revue, où Michel Cosem accueillit ensuite dix de mes écrits. Les lectures du comité de rédaction, à Figeac, Tarbes pour les 50 ans d’Encres Vives, et nos dernières retrouvailles, au château Saint-Louis, dans la lumière des vignes et l’amitié des présences. Comment pouvoir parler de lui désormais à l’imparfait…
Comment évoquer cet homme discret, attentif et bienveillant, ouvert au monde et aux autres, libre et généreux, dont la seule présence diffusait une sorte de sérénité confiante.
Un être habité par le besoin d’écrire et le désir de partage, que je revois, souvent assis dans l’herbe, adossé à un arbre, carnet sur les genoux, comme incorporé au lieu, plongé au pays des mots et des songes. Bien loin des parisianismes et mondanités littéraires.
Le fondateur d’Encres Vives, ce foyer de poésie qu’il a fait vivre pendant 63 ans, inlassablement, accueillant mille et une voix, émergentes ou connues, venues de tous les horizons, à travers quatre collections. Qui dira cette longue aventure ?
L’écrivain qui s’investit beaucoup dans les rencontres avec les jeunes lecteurs, écrit pour eux avec exigence, les rencontre, anime des ateliers, désireux d’éveiller le désir de lire et d’écrire, de faire découvrir le pouvoir essentiel de la poésie, la force de l’imaginaire.
Le créateur inspiré d’une œuvre multiforme et féconde d’environ 200 livres, poésie, romans, contes, nouvelles, ouvrages théoriques, anthologies, livres pour la jeunesse, irrigués par son regard aimant et pénétrant sur les lieux, sur l’Histoire humaine, sur la beauté du monde. Voyageur qui habite le monde en poète, captant l’éphémère et l’immémorial, magnifiant l’ordinaire, les rencontres, les passants, les visages, la vie animale et végétale.
En ces temps de dérive et de prédation planétaire, son œuvre vivifiante chante notre double appartenance, à notre humanité menacée, en proie « au poison de la destruction », à « l’histoire cruelle toute vibrante des cris de haine » et à la Terre, aux éléments, aux règnes du Vivant. Elle tente de réenchanter « ces chemins du regard qui sont les seuls possibles dans la probable tourmente ».
Malgré les ombres et les épreuves, il peut dire : « Mon écriture et mes rêves ont survécu : cela suffit » ( L’encre des jours, éd Alcyone)
Jacqueline Saint-Jean
[1] -Groupe Français d’Education Nouvelle.
8
Pagaille de rêves Rêves en pagaille Je suis dans mon hamac me balançant me balanceo me balanceo J’avise la tortue du jardin qui trotte de ce fameux train de sénateur imaginé par le fabuliste Mais cette fois une saute de mistral soudaine la renverse la retourne comme une crêpe Comme je dois aller conduire M. à la crèche je me réveille trois minutes avant que la sonnerie du smartphone ne m’avertisse J’étais dans mon rêve entouré d’affiches de cinéma puis dans une salle pleine comme un œuf je m’approche de l’écran où tout devant il y a une palanquée de personnes arborant leur signe du Parti Communiste Français Cours cours camarade le cuirassé Potemkine est derrière toi Je me sens un peu perdu et interdit dans cette atmosphère de militants quand une ancienne partenaire de Mai 68 viens vers moi -Viens me dit-elle on est attendu pour répéter L’Ours de Tchékhov (et en effet il y a quarante nous l’avons joué, ainsi que Grand peur et misère du III° Reich, dans les théâtres à l’italienne et les usines occupées par les camarades ouvriers)…
Vous avez un compte WordPress.com ? Connectez-vous maintenant.