CHANSONS DU SOIR 3 la mouette

jj dorio paroles et musique (enregistrement brut 13/06/2021 19h45)
cd chansons de quatre sous 2018

Si j'étais une mouette Je volerais dans le bleu
J'irais de Martigues à Sète Un voyage fabuleux
Si j'étais un p'tit lézard Je serais un baladin
Qui écouterait Mozart Sous les pierres du jardin

Mais je ne suis qu'un enfant Avec mon corps d'écolier
Qui rêve de temps en temps De partir de s'en aller

Si j'étais un poisson chat Dans mes océans bleuis
J'aurais un' vie de pacha Les yeux toujours éblouis
Si j'étais cet oiseau lyre Du poème de Prévert
Je sortirais du pupitre Ma musique de trouvère

Et je serais cet enfant Avec mes ail's d'écolier
Qui s'en irait dans le vent Pour partir pour s'envoler








RAMES DE PAPIER DANS LE MÉTRO DU CŒUR





J’ai encore quelques rames de papier

Rames de papier dans le métro du cœur

Le métro du cœur où j’use mes souliers

J’use mes souliers et je compte mes pieds

Je compte mes pieds sur l’bon ou l’mal heur

Le bon ou l’mal heur C’est le pied ou le guêpier

Le pied ou le guêpier mon enfant ma sœur

Mon enfant ma sœur je t’invite au voyage

Je t’invite au voyage de la cave au grenier

De la cave au grenier de la Kabbale au Zohar





Kabbale au Zohar Esprits des voix inaudibles

Voix inaudibles au profane mais non à l’érudit

Non à l’érudit qui ne sait que faire de Dieu

Dieu aussi absent que le métro pour Zazie

Le métro pour Zazie les rames pour Mézigue

Mézigue Bibi Ma Pomme C’est Moi quoi

Moi quoi qu’a pondu ce texte pas possible


	

CHANSONS DU SOIR 2 la timide

voix paroles et musique JJ Dorio
accompagnement piano Léo Cotten




Écoutez la chanson timide

De vers anciens

Elle est discrète et très fragile

Un petit rien





Écoutez la chanson secrète

Des vers sans rimes

Elle est cachée Une bluette

Dans la nature





Écoutez la chanson mezzo

Sans vers ni iambes

Ma no troppo elle est baroque

Viole de gambe





Écoutez le couplet qui fuit

Ce court instant

Et que Chansons vous accompagnent

In aeternam


	

PENSER aux autres que soi-même, à l’air libre, à panser nos douleurs





Nous ne sommes pas de ceux qui ne pensent qu’au milieu des livres et dont l’idée attend pour naître les stimuli des pages; notre éthos est de penser à l’air libre, marchant, sautant, montant, dansant, de préférence sur les montagnes solitaires ou sur les bords de mer, là où même les chemins se font méditatifs. Nietzche





Parfois je pense et parfois je suis Paul Valéry





Penser ses pensées qui vont viennent passent et repassent Penser au furet que mon père lâchait dans les terriers pour faire sortir les conils (sauf que souvent saoulé de sang, mustela putorinsfuro dans le trou s’endormait) Penser aux dernières pensées qui assaillent Jésus : Papa pourquoi m’as-tu abandonné ? Penser à Descartes seul dans son poêle qui a une crise de doute Penser à sa planche de survie le cogito ergo sum Penser aux ergots sur lesquels se dressent les petits coqs machos que jadis naguère nous appelions phallocrates Penser (à nouveau) à Descartes dont le cogito nous enseigne que l’existence de la conscience se confond avec la conscience d’exister (Merlau-Ponty l’a dit) Penser à l’objection de Paul Ricœur pour qui la connaissance intuitive de nous-même est une illusion : il n’y a pas d’accès de soi à soi sans la médiation des signes, des symboles et des textes Penser à nos ami.e.s qui une fois mort.e.s ne répondent plus à nos questions Penser que cependant au détour d’une lettre, d’une image, et (plus rarement mais aussi) d’un poème, nous continuons à les solliciter Penser à mon recueil Poèmes à ma morte publié par l’Harmattan quatre ans après sa disparition Penser à ce qu’écrivit le directeur de collection qui les publia : plus qu’un témoignage sur la disparue, ce recueil s’apparente à un accompagnement de la morte aux frontières des mots retrouvés pour la distraire de sa nuit définitive (Philippe Tancelin) Penser à distaire nos douleurs du souvenir de nos félicités (Albert Camus) Penser à l’Art poétique vécu Jadis et Naguère par Verlaine Penser à la musique avant toute chose déclinée par ce maître ès poésie en 9 strophes de 4 vers chacun de 9 syllabes (les ennéasyllabes) Penser à privilégier l’Impair sans rien en lui qui pèse ou qui pose Penser à préférer aux gens qui profèrent leurs paroles d’Évangile, les gens qui doutent Penser à la petite chanson d’Anne Sylvestre et la balancer dans les jambes de ceux qui prennent les poètes pour des cons Penser à veiller au grain des mots compte tenu des choses Penser à ce que l’amour des mots choisis non sans quelque méprise nous procure et Penser  que tout le reste est littérature