

Illustration résonances de Maria-D Cano
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour


Illustration résonances de Maria-D Cano
Encore un truc de fou
Ce treize octobre à midi
Écrire en croquant un dernier grapillon du raisin de sa treille
À l’ombre de son grenadier tant le soleil tape
Écrire une phrase qui prend la forme de deux ou trois vers
Je déteste les gens qui prennent au sérieux
Leurs écrits vains
En écrivant moi je respire
Je m’oublie
Je lâche prise
Je n’écris pas
Je peins le passage
Pour mes lectrices
Et mes lecteurs
Figures en absence
Que ma plume réinvente
SILENCE L'ARBRE REMUE ENCORE
L'arbre mort
Ou bien
L'arbre
sans feuille
Plus brun
Que jamais
Tordu
Vers le ciel
Qui attend
La neige
Au loin
Sous les branches
Les maisons
S'effacent
Dans le silence
Que sont devenus
Les hommes
Et leurs clameurs
Tout dérape
Inexorablement
Hormis
L'arbre qui tient
Dans ses bras
Le désir de vivre
Danielle Nabonne

Danielle Nabonne octobre 2025


Image en résonances Maria-D Cano
C’est un recueil de poésie d’exception que nous invite à lire Jacqueline Saint-Jean.
Elle l’a composé, mis à jour, en 2023 et 2024, il vient de paraître aux éditions La Feuille de thé.
Nous les inachevés en est le titre. Le recueil est scindé en trois parties : Nous les intranquilles (16 poèmes), En nous l’humus et l’horizon (12 poèmes), Nous les inachevés (12 poèmes).
Nous en donnerons une lecture plus personnelle, mais en attendant, en voilà trois exemples, qui devraient vous inciter à commander le livre dare dare.
JJ Dorio 11/10/2025
Nous qui naissons tête renversée
les yeux noyés dans la blancheur
d’un monde aveuglant et confus
premier cri déchirant le corps
les doigts repliés sur le perdu
(texte d’ouverture 1° partie)
.
En nous l’humus et l’horizon dense des années
multiples vies sédimentées
Grisailles griseries et brisures
où parfois dans le noir de mémoire
voir éclore un arbre de lumière
(ouverture 2° partie)
.
Nous les passants les inachevés
éteignant dans la langue et le vent
ce grand corps de sable qui s’éboule
entre nos doigts noircis désirants
insuffisants face à l’infini
(poème ultime )

