L’ÉCLIPSE DU 12 AOUT 2026

Croissant de soleil 
Devant lui
Elle sombre
Et proche
Devant l'astre
Lointain elle
Prend sa lumière
En silence
Et installe sa nuit
Provisoire
Les Pyrénées bleuissent
Et attendant
L éclipse
Le pré se tait
La pénombre
S étale
comme un drap frais
Sur nos douleurs

Un nuage trouble la scène, il est presque trop tard il ne subsiste que l oreille cassée du soleil l oreille gauche bien sûr
Puis ¹ une lettre violente le ciel peut-être un adieu
Un appel

Un grillon chante encore doucement
sur la terre brûlée

Les nuages tirent
Le rideau final
Quand soudain
Une braise de soleil le transperce
L autre côté
de sa face réapparaît
Une coulee de lave
En plein ciel
La nuit peut attendre
J écoute le vent
la forêt frissonne
Un rêve a passé

Danièle Nabonne
depuis Ozon Hautes Pyrénées

AUTRES ÉCLIPSES

Une nuit de plus je compte les syllabes

Velar asi cuando los otros duermen

Duerme duerme Negrito

.

Sans cap mais sans trêve

Faisant fête aux réminiscences

Jeux de marelles d’un langage

Façonné par des dormeurs du val

et de l’amont :

Matelots, bateliers, aèdes, romanichels,

Chercheurs de causes perdues à jamais

.

Una vez mas

Avec l’énergie manifestée par le caractère chinois

shenqi

Le conatus de l’Éthique

Un labyrinthe infini d’enchaînements

.

Poema de los dones

Dont les dons, un à un, se magnifient et s’annihilent

De métaphores vives en éclipses provisoires

.

Martigues 12 et 13 août 2026

AUTRES ÉCLIPSES :

Éclipse 

Compte et recompte 

: négrillon endormi

.

Sinti Rom Manouche 

: raboins sur la route

perdus à jamais 

.

Les essieux grincent

.

: Don din don 

un à un

de la charette 

.

Saint Gilles 13 août 2026

Michel Chalandon

https://poesieafranquevaux6.blogspot.com

TI RICONOSCO

Je te reconnais dans les livres où tes lèvres ont tracé des sons et des sens colorés

Ti riconosco cuando leggo, con te, oracoli elementari, sur les murs de Mai 68 :

Objet cache-toi

Sous les pavés la plage

Une page Ricœur : Soi-même comme un autre

Je te reconnais quand ensemble nous chantons and stones of the city

Hors du noir comme les lucioles dansant autour de l’Orchestre National du Jazz

Une nuit de juillet 2026 à la Vieille Charité rebaptisée Promesses de l’aube

UNE NUIT BLEUE

Une nuit bleue portée

par une houle bienfaisante

libérant l’oxygène

de phrases en apesanteur

.

Une nuit comme une algue

Que l’on mâche sans compter

En contant des histoires

Aux Néréides

Petites filles d’Océan

.

Nuit de l’oltramarino

et du lapis-lazuli

Pour la caste la plus basse

Les Intouchables

Mâchant trois feuilles d’indigotier

Manière de saluer Ellington

et son blues indigo

.

Bleu souvenirs de l’enfance de l’art :

le vol erratique d’un martin pêcheur

sur la rivière Arize

et les jougs bleus posés sur les bœufs

de mon père

avant qu’ils ne partent labourer…

la mer