ÇA VA TROP VITE

Quand ça va trop vite il faut s’arrêter

suspendre nos activités casser le

rythme effréné pour souffler

cesser de parler quand tout est

dit et singulièrement arrêter d’

écrire nos fadaises à nos corres

pondants X  Y  Z

.

Le monde alors s’allège le silence

s’installe nul mot ne vient s’ajouter

au vacarme quotidien des mégapoles

on est muet

Silence sur toute la ligne

UN INSTANT

Tout ce qui est éternel dans l’instant

Tout ce qui accompagne son écriture

Une nuit de pleine lune

Le galop d’un cheval bai

(dont la robe est alezane

précise le dictionnaire)

Tout ce qui est éphémère dans l’éternel

L’usure des langues de Babel

Le conflit de l’oeil et de l’oreille

devant un vers  pensé par Mallarmé

Tout ce qu’on tire de toutes ces nuits

maya l’illusion

Nous met des bâtons dans les roues

Nous fait perdre le fil

L’innocence primitive

Nous rend incapable de boucler

ces lignes présentes

AH ! CE BLOG QU’IL FAUT ALIMENTER !





Ah! ce blog qu’il faut alimenter!

Ce poème là je le fais en douceur

Je l’écris hors service

Ce texte là je le laisse aller

Ce sera un récitatif improvisé

– Tout sur l’écran  Rien sur le papier! –

Il n’a pas de faveurs particulières

Mais un raccolage de mots

(Tiens! il ne faut qu’un c! )

Ah! oui c’est plein d’exclamations!

De ces points qu’affectionnaient

Hugo ou Racine

Ô Seigneur! disait l’un

Ô ciel! répétait l’autre

Et maintenant que dire?

Hélas! dit Bérénice

Et maintenant que faire?

Brûler Phœnix…

et s’envoler!