Je laisse aller la plume au bon désordre Comme un livre feuilleté au hasard Dont on prélève de vives lueurs Ou d’obscures métaphores
Je laisse aller selon l’imprévisible mouvement de la main, du pinceau, cet exercice ouvrant le pas aux rêves dont nous sommes faits (et parfois refaits)
Je laisse aller… et je retiens Ici où l’attention à az-zahr est première Dé à jouer entre les lignes D’une poésie à l’état pur
MAI 68 Peut-être que nous ne sommes plus beaucoup à garder en soi « l’enchantement lucide » que nous vécûmes dans l’écume et la profondeur de Mai 68.
Il revient parfois sans que l’on s’y attende, un demi-siècle après, dans une marche solitaire au milieu d’une ville où l’inattendu nous éclaire, nous hypnotise, réveille en nous, ce à quoi, les gens qui circulent alentour semblent ne plus croire :
le mariage, entre humour et gravité, de l’espérance intime, avec l’Utopie politique d’une révolution permanente partagée, mais sans violence aucune.
« Voilà ces lignes qui à peine le temps d’y penser Sont au cœur de mon petit métier »
Écrites avec une main apparentéeà celle de Tchouang Tseu (si l’on veut) Je connais en effet toutes les histoires du philosophe poète ayant vécu en Chine au temps de Socrate (à peu près)
Celles du boucher du charron de l’empereur jaune et les autres Illustrants tous les artisans qui excellent dans leur métier
Le mien en revanche est tout petit mais j’en ai fait un recueil publié qu’heureusement personne ne lit
Sauf ceux et celles qui savent que poèmes partagés permettent de supporter nos découvertes verbales et nos vulnérabilités