
autoportrait en clown 1
Dorio 14/03/2026
18×17 cm acrylique avec projections d’encre de Chine
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

autoportrait en clown 1
Dorio 14/03/2026
18×17 cm acrylique avec projections d’encre de Chine
Ici, l’échange de courriels est imaginaire. Mais non leurs auteurs : le lecteur est invité à rétablir leur nom et à apprécier leur ping-pong verbal qui relève de l’entreglose et des anachronismes propres à la prolifique « bibliothèque de Babel.
Comprendre, c’est se comprendre devant le texte. Non point imposer au texte sa propre capacité finie de comprendre mais s’exposer au texte et recevoir de lui un soi plus vaste.
P.R. à J.T.
Pour moi ayant toute ma vie cherché ce qui se résout dans sa contradiction , les concepts dans le concret, l’épouvante dans le burlesque, le sens dans le non-sens, j’attends que le seul coin du voile que j’aie pu soulever, me révèle un immense tohu-bohu où je puisse enfin perdre toute identité et gagner la récompense promise à l’enfant que j’étais, le vertige de l’inépuisable Vide, qui est l’angoisse et le salut.
J.T à P.R
P.R. le philosophe que je pratique le plus :
« Soi-même comme un autre« , « La mémoire, l’histoire, l’oubli« , « Parcours de la reconnaissance » « La métaphore vive«
J.T. le poète, dramaturge, homme créateur d’une radio libre à la Libération, que j’apprécie le plus
"L’écriture a cette vertu de nous faire exister quand nous n’existons plus pour personne. »
Georges Perros
Les italiques sont des citations puisées dans l’œuvre du "disparu ».
Le reste est de l’auteur du blog « poésie mode d’emploi ».
DISPARITION
VI
L’AUTRE GEORGES.P.
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SEUL. Se sentir seul et apprendre de sa solitude à décliner ses modes. Commencer, par exemple, après une période de vie en commun, à mieux respirer. J’ai été long à me trouver à l’aise que seul. Mais c’est seul que je respire le mieux. Pas très bien. La solitude est difficile. Mais les hommes instituaient in climat mauvais pour ma santé. Seul. Ne plus être sollicité par la vie domestique, dès les aurores, et reprendre dans son lit au réveil ses notes de lectures, découvrir des nouveautés, à jeun, laissant revenir la fringale de ses Papiers collés. Faiseur de notes invétérées, sur quelle marge puis-je les prendre, sur celle de l’immense livre ouvert qu’est la vie. Et qu’est cette vie, sinon le texte de l’Autre, follement sollicité.
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Le jour de sa disparition, le 7 février 2017, on pouvait lire sur le journal du soir :
LA CÉLÉBRATION DE LA VIE ORDINAIRE
Nous apprenons la mort de l’écrivain Georges Perros, survenue le 24 janvier à l’hôpital Laennec à Paris. Il était âgé de cinquante-cinq ans.
LES GENS DÉRAISONNABLES SONT EN VOIE DE DISPARITION de Peter Handke
FAULKNER À LA PLÉÏADE
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Si écrire -au sens large- n’est pas un moment privilégié de notre existence, mieux vaut en rire.
Écrire ce qui vaut la peine de vivre et ce qui n’en vaut pas la peine.
Quelquefois on trouve la page trop blanche
On hésite sur ce qu’il faut lui écrire pour ne pas la froisser
Puis on se lance
Comme un enfant saute à Marelle
Dans les cases tracées à la craie
Sur le pavé
Tournant le dos au Poëte timoré
Hanté par le vierge vivace
Et le bel aujourd’hui
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Ce qu’est un homme dans sa vie
M’importe peu
C’est son envie
D’être autre chose qui m’excite.
Nullement question de rester fidèle à soi-même.
Fidèle à soi-même, c’est fidèle à son futur, non à son passé.
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Ce qu’il cherchait en écrivant c’était « un léger décollement du discours perpétuel, du ressassement. » Ainsi, une volée de petits vers, une suite de « notes », de lignes qui, avant d’être présentes sur la page, s’ignoraient, lui a fait écrire deux mois durant (et sans rature) Une vie ordinaire, roman-poème en milliers d’octosyllabes. J’écris tout cela comme si J’allais mourir demain et sonne L’heure de ne plus voir personne
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Avant de mourir laryngectomisé, Georges P. a écrit L’ardoise magique. « Je fais le ménage dans ma turne. Si je claque, qu’on ne trouve pas certains cahiers remplis de conneries. Je me laisse manipuler par le chirurgien comme si j’étais un sac. Obsession du sac. Être un sac. Perte absolue de toute personnalité. Le vers qui me revient le plus souvent : « Quand notre cœur a fait une fois sa vendange. » (« D’où vous vient disiez-vous cette tristesse étrange Montant comme la mer sur le roc noir et nu ? Quand notre cœur a fait une fois sa vendange Vivre est un mal, c’est un secret de tous connu. » Semper eadem Baudelaire « Les Fleurs du Mal »
La victime du sacrifice doit être aussi grâce que possible, mais toi garde la muse mince …Apollon de Callimaque
Art pauvre, sans éclat, dispersé aux quatre coins de l’atelier.
Art de rêver papillonnant dans un apologue de Tchouang Tseu
Art de Claudio Monteverdi : zeffiro torna.
Art de fleurs absentes de tout bouquet
Ainsi se dessine l’Utopie, la visée de ce blog intitulé par une douce provocation :
Poésie mode d’emploi
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Martigues
14 mars 2026
Depuis le 8 janvier 2006
Un poème par jour
Non stop
Une femme bleue
Venue du ciel
Ou de la mer
Perdue
dans ses songes
Ses douleurs
Enserre son silence
Entre ses seins
Et dit au monde
Où vas tu
toi qui grondes
Et grognes plus fort
Que l'orage et pourquoi
tant de haine
Qui fait trembler
Jusqu'aux feuillages
de nos âmes
Je me souviens
Et j'espère
Danielle Nabonne

une femme bleue
Peinture et poème
Danielle Nabonne