UNE NUIT UNE SEULE

Une nuit une seule

Veilleur veillant

Ses encres blanches

Fondant dans sa tête

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Une nuit une seule

Comme si c’était

L’ultime

La dernière lune

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Une nuit une seule

Dans le fatras des Idées

Et des Correspondances

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Une nuit une seule

Pianotant ce poème

En suspens

En écho des amours jaunes

De Tristan

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Une nuit solitaire

Verbe vibrant

Dans la nuit sombre

Des neiges d’antan

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TU NE CESSES D’ÉCRIRE

Et quand personne ne me lira a écrit un jour ou une nuit Michel de Montaigne

Tu ne cesses d’écrire en refusant d’écrire ce qui vient automatiquement

Tu ne cesses d’écrire ce que tu ignorais que tu allais écrire : une histoire vécue dans une bicoque de l’Altiplano péruvien entouré la nuit de momies de la période Inca, une pêche à la nivrée dans un bras de l’ Orénoque avec les indiens Panarés, une corvée où l’on monte au grenier le blé à dos de paysans dans ta maison de l’ Ariège.

Tu ne cesses d’écrire d’une encre qui se souvient de tout

Tu ne cesses d’écrire sans espoir et sans but mais aussi sans ratures le geste de l’archet l’insouci de la rime

Tu ne cesses de lire ce que tu viens d’écrire et qui sans lectrice ou sans lecteur ( une ou un suffit) restera langue morte

AZ-ZAHR

Toute pensée émet un coup de dés

Stéphane Mallarmé

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Étoiles bactéries humains

Le Hasard nous fit naître

AZ-Zahr : le jeu de dés

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Coup de génie de Mallarmé

Le poète Symboliste

Faisant entrer le Monde

dans son Livre

Par ses blancs

Sa mise en scène spirituelle

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Son coup de dés

Quand bien même lancé

Dans des circonstances éternelles

Jamais n’abolissant

Le Hasard