CENTON 21 à 25

CENTON & MISCELLANÉES

EN COURS D’ÉCRITURE

CENTON Pièce faite de fragments d’étoffes rapiécés, si l’on veut. Ou bien l’étoffe se transforme en textes divers puisés dans nos livres et que l’on « colle » l’un après l’autre. Des ajoutages lit-on dans les notes accompagnant les paragraphes mis bout à bout, d’une œuvre qui n’en finit pas d’être rafistolée. 

J’invite lectrices et lecteurs au gré de leurs lectures d’apporter à leur tour leurs petits bouquets.

JJ Dorio Martigues 18 novembre

les citations, greffes capricieuses en apparence, impriment une magnifique éloquence au discours : les citations résidus culturels, s’incorporent de façon prodigieuse dans la structure car, au lieu de s’ajouter tranquillement au reste du texte, elles font en sorte que tous les deux s’entrechoquent, prennent une puissance imprévue et se transforment en un nouveau chapitre du livre. Enrique Vila-Matas Paris no se acaba nunca Paris ne finit jamais

21

À la fin de ma vie je voudrais m’être servi de tous les mots du dictionnaire.

22

Va-t-on bientôt bombarder les anges ?

Préparons-nous à entendre l’espace crier.

23

On me dit que j’ai l’allure d’un flâneur. Je laisse dire, je ne flâne jamais. Je cours sans cesse après le temps qui court. (…) Si je flâne cependant, c’est sur l’autre rive de moi-même, dans ces terrains vagues où se déploient lentement et sans mon consentement les souvenirs de celui que je fus.

24

On voit à l’entrée du jardin public de Tarbes cet écriteau : Il est défendu d’entrer dans le jardin avec des fleurs à la main. On le trouve aussi de nos jours à l’entrée de la littérature.

25

Il y a des livres contre lesquels on se blottit, ils vous protègent, avec eux, on peut se laisser aller.

21 Georges Perec (7 mars 1936-3 mars 1982)

22 Henri Michaux (24 mai 1899-19octobre 1984)

23 Gilles Lapouge (7 novembre 1923-31 juillet 2020)

24 Jean Paulhan (2 décembre 1884-9 octobre 1968) Les fleurs de Tarbes

25 Maurice Nadeau (21 mai 1911-16 juin 2013)

UN POÈME EN ATTENTE

À rebrousse-poil de la nuit
J’ai du mal à trouver
le bon fil d’encre
Main morte pour l’instant
L’esprit prend l’air
Mon poème reste en souffrance

UNE SUITE CONFIÉE AUX DOIGTS DU TISSUTIER

HYPNOGRAPHIES Dorio 28 novembre 2023

84 REVIVIFIANTE VERTU Il y a dans notre existence des points temporels qui conservent, avec une distincte prééminence, une revivifiante vertu. William Wordsworth (1770-1850) Pourquoi je veille en lisant, en écrivant, en dessinant, en faisant des signes au pinceau qui ressemblent à du chinois et que je nomme hypnographies ? Je veille chaque nuit pour faire des points d’étape d’une vie singulière et commune, pour conserver la capacité, me remémorant d’épisodes joyeux ou hachés de douleurs, de me revivifier, fuyant l’ego, le ressassement, le vieillissement du langage de mes années perdues. (Le livre d’une vie En mille et un fragments) Écriture en cours

CENTON & MISCELLANÉES (11 à 20)

CENTON & MISCELLANÉES

EN COURS D’ÉCRITURE

CENTON Pièce faite de fragments d’étoffes rapiécés, si l’on veut. Ou bien l’étoffe se transforme en textes divers puisés dans nos livres et que l’on « colle » l’un après l’autre. Des ajoutages lit-on dans les notes accompagnant les paragraphes mis bout à bout, d’une œuvre qui n’en finit pas d’être rafistolée. 

J’invite lectrices et lecteurs au gré de leurs lectures d’apporter à leur tour leurs petits bouquets.

JJ Dorio Martigues 18 novembre

11

Allumons nos flambeaux à leurs feux poétiques

Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques

12

Le Paris que vous aimâtes

N’est pas celui que nous aimons

Et nous nous dirigeons sans hâte

Vers celui que nous oublierons

13

Le Paris que j’ai aimé

Fut celui du grand Mai

68 fois je l’ai aimé

Mai mai mai Paris mai

14

Les muses du quai de Bercy

M’avaient conduit jusqu’à Grenelle

Et leurs sœurs de la Grange-aux-Belles

Vers les jardins clos de Passy

La nuit s’entendait avec elles

Les muses du quai de Bercy

J’allais dans Paris port de songe

Ouvert au piéton noctambule

Avec des amis de toujours

Embarqués vers le crépuscule

Et disparus au point du jour

J’allais dans Paris port de songe

15

tzantzantzaganga bouzouc zdouc nfoùnfa mbaah mbaah ngoùngfa

11 André Chénier (30 octobre 1762-25 juillet 1744 7 thermidor an II) L’invention

12 Raymond Queneau (21 février 1903-25 octobre 1976) Courir les rues

13 JJ Dorio + Claude Nougaro (9 septembre 1929-4 mars 2004)

14 André Hardellet (13 février 1911-24 juillet 1974) La ronde de nuit

15 Tristan Tzara -Dada- (16 avril 1896-24 décembre 1963) Le géant blanc lépreux du paysage

16

Je n’aime plus la rue Saint-Martin

Depuis qu’André Platard l’a quittée

C’est mon ami c’est mon copain

Nous partagions la chambre et le pain

Je n’aime plus la rue Saint-Martin

17

Dans la rue des Blancs-Manteaux

Le bourreau s’est levé tôt

C’est qu’il avait du boulot

Faut qu’il coupe des généraux

Des évêques des amiraux

Dans la rue des Blancs-Manteaux

18

Le dernier lambeau du jour donnait un air de féérie au paysage dans lequel la maison avançait en pointe comme un navire (…) Il y avait Notre-Dame tellement plus belle du côté de l’abside et les ponts jouant à la marelle curieuse d’arche en arche entre les îles et là en face de la Cité à la rive droite (…) Et Paris Paris ouvert comme un livre avec sa pente gauche la plus voisine vers Sainte-Geneviève le Panthéon et l’autre feuillet plein de caractères d’imprimerie difficiles à lire à cette heure jusqu’à cette aile blanche du Sacré-Cœur…

19

La mémoire du silence
nous rend aux temps immémoriaux
aux grandes solitudes de l’enfance

20

Le temps est discourtois
il nous échappe sans cesse
entre nos doigts de paille

16 Robert Desnos (4 juillet 1900-8 juin 1945) État de veille

17 Jean-Paul Sartre (21 juin 1905-15 avril 1980) chanson

18 Louis Aragon ((3 octobre 1897-24 décembre 1982) Aurélien

19 Gaston Bachelard (27 juin 1884-16 octobre 1962) Poétique de la rêverie

20 María Dolores Cano (7 mars 1956- ) (https://memoiredusilenceblogspotcom.blogspot.com/2012/12/resonance-tisser.html)

J’AI BEAUCOUP CONNU

J’ai beaucoup connu
les rideaux de la pluie
la femme au fagot de lune
les arbres changés en statues de sel
J’ai connu la tempête de Shakespeare
jouée dans un verre d’eau
les fourmis rouges boulotant
le calendrier des postes
les dés jetés depuis le pont de Manhattan
J’ai connu les fleurs
absentes de tout bouquet
et la bâtisse d’école
où j’allais sur le dos d’un chameau
apprendre l'A.B.C.
s’il vous plaît

Martigues 1er décembre 2023

J’AI CONNU AUSSI

805  AÑORANZAS PORTEÑAS J’ai vu la pampa Non au petit trot du cheval de Jules Supervielle Mais du haut d’une avioneta qui tanguait dangereusement J’ai connu la bise du 14 juillet 1970 qui s’engouffrait dans les rues de Buenos Aires J’ai parlé le lunfardo des porteños avec une compañera rencontrée dans un bar de la rue Sierpes (le livre de Borges sur l’argot de la capitale sous les yeux) Vous pouvez en douter Vous qui me lisez dans les villes de l’Europe sans gauchos montant à cru Jurant à lasso raccourci Dans le coral de l’estancia disparue proche proche du mot saudade,(vague à l’âme, nostalgie), le mot añoranza est impossible à traduire

Le livre d’une vie Une autrebiographie En mille et un fragments JJD en cours d’écriture