
L’écriture à corps perdu C’est l’excès Ici à l’inverse c’est l’écriture cachée
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour

L’écriture à corps perdu C’est l’excès Ici à l’inverse c’est l’écriture cachée
Filer la métaphore, un filon, Une veine creusée par un poète capricieux, Quand d’autres se complaisent à leur guignon. Filer la laine du temps défait Sur le dos de nos bêtes disparues Celles qui habitaient notre maison Séparées de la cuisine Par une mince cloison. Filer Chronos, Ce temps qui a filé Un jour après l’autre, Ses ans, ses décennies, Son siècle bien pesé, Ses animaux malades d’une peste transmise En cette année deux mille vingt À des humains Qui n’en peuvent mais. Mai mai mai Au joli mai Aurons-nous enfin Guéri ?


Ceci est un témoignage Une craquelure sur papier Des variations sur mon humain voyage
Dorio 22/05/2023
Chaque page blanche m’est incertitude, Mais sans garantie aucune, je m’y lance Pour pratiquer cette action insensée De mesurer l’impact des mots qui vont s’écrire Sur mes affects mes idées d’un instant, Qui ne font que passer. Au hasard d’une nécessité ? Je ne sais…mais j’essaie De la laisser se composer. Page blanche, vierge et vivace en ses attraits, Et puis perdue dans un vol trop heurté, Ou, quelquefois dotée d’un charme mystérieux. Celle-ci, comme bien d’autres, aura été, pour le moins, Esquissée, Transférant les incertitudes qui me nourrissent, De la main au papier.

une autre manière singulière d’occuper l’espace d’une page blanche
PLUS RIEN À PERDRE Plus rien à perdre (perdre la face figure frimousse) Dans ce petit val qui mousse de rayons Où s’oublie Ivre de soleil L’alouette la lauzeta des troubadours : s’oblida e laissa cazer per la douçor qu’al cor li va Plus rien à perdre Sur le chemin Qui touche à sa fin Mais que l’on continue Comme jamais À fatiguer Coudre et recoudre Faufiler Quelque part dans l’inachevé avec Rimbaud, Ventadour et Rilke