C’EST L’PRINTEMPS

AGENDA du 15 au 21 mars 2021
Lundi 15/03/2021


0h53   Et c’était déjà notre destinée Qui nous regardait sous votre voilette. Je connais par cœur ce poème de Verlaine évoquant la petite épouse et la fille aimée. Mais c’est la première fois, Covid oblige, que je l’assimile aux personnes masquées que je croise au marché, sur la plage et dans les premiers romans faisant état des moitiés de face et des corps en retrait. Sylvie Germain Brèves de solitude   1h05

Mardi 16/03/2021

3h00    La plume m’a donné plusieurs propositions pour laisser trace de ce jour, mais je n’en ai retenues aucune.   3h15

Mercredi 17/03/2021

3h10   Après plusieurs essais ratés, la mise en forme d’un court texte (fragment, esquisse, poème) nous apaise. Et nous met en présence d’un des secrets fragiles des vies de ceux et celles qui ont besoin de (se) raconter. La vida no es la que uno vivió, sino la que uno recuerda y cómo la recuerda para contarla. Gabriel García Marquez Vivir para contarla « La vie n’est pas ce qu’une personne a vécu, mais ce dont elle se souvient et de quelle manière elle s’en souvient pour la raconter. » Vivre pour la raconter.  3h13 + le temps de la citation et ma traduction.


Jeudi 18/03/2021

1h40   Sotz folha d’albespi. « Sous le feuillage de l’aubépine » Quel plaisir de retrouver ce fragment occitan d’un troubadour dans la langue de ma lignée…valets de ferme, fermiers puis paysans enfin libérés du poids des maîtres.    1h42

Vendredi 19/03/2021

Original en ses deux sens : premier et singulier.

J’ai été le premier de la famille à “faire des études” après “l’école primaire” j'ai fait comme il se doit, "le cours complémentaire" (avant que le nom disparaisse changé en “collège”), puis le lycée que j'ai quitté au bout d'un an pour l’École Normale d’Instituteurs (le graal pour une famille issue des valets de ferme puis de petits paysans), et un peu d'Université. Le premier, côté homme, à ne pas faire son “service militaire” mais la “coopération culturelle” donnant des cours joyeux  de langue française sous les tropiques caraquègnes.

Singulier? Sous l’angle du langage le souci constant de se soustraire à la servitude volontaire de la culture de masse par des lectures incessantes dans tous les domaines, les alertes et les impasses, le temps long laissé à l’incompréhension, la confusion, à condition que Conatus nous maintienne. Persévérer, échanger, susciter, ondoyer, avec et pour autrui, poésie de la pensée, pensée de la poésie. Et puis à la fin de l’histoire, avec sa petite hache, la disparition Qui au sortir d’un Corpus compilant nous conduira tout droit au zoo.

italiques : Étienne de la La Boétie, Baruch Spinoza, George Steiner. Georges Perec

Texte initié à 5h50 puis repris pour un dictionnaire à part moi. (texte au long cours, en cours)


Samedi 20/03/2021

2h55           Grâce à « la conversion numérique » je viens de « poster » sur mon blog poésie mode d’emploi un poème en 3 dimensions : « la pièce écrite la main », sa modification en la recopiant sur le clavier avec son traitement de texte et ma voix qui dit le texte final, en essayant d’être le plus naturel possible.     2h57

Dimanche 21/03/2021


4h27  C’est l’printemps. Depuis 68, allez savoir pourquoi, pas une année où je n’ai écouté (plutôt deux fois qu’une), le premier jour de la saison susdite, cette chanson enjouée de Ferré. Y a la pluie qu’y est passée chez Dior Pour s’faire l’modèle Soleil d’Or.   4h30




 



	

MIDI EN PLEIN MINUIT





En pleine nuit midi

J’écris d’un coup de tête

Sorti du ventre de ma mère





En pleine nuit

Je dis oc

Ma langue d’origine





J’écris dans le sillage de Peire Vidal

Le nom porté par ma branche maternelle

Je forge ce poème maladroit

Mais vivant et têtu

Dans ce verbe trobar

Qui célébrait les Dames

et l’amour de Courtoisie





En pleine nuit midi

Ses douze coups

Qui vibrent dans la tête

D’un troubadour perdu





09/01/2021

CE SERA UN ONZAIN





Ce sera un onzain

Une fois une seule

Ce sera un zinzin

Qui fait tenir la nuit

Non une forme vide

Illusoire ou putride

Mais métaphore vive

Qui fait tenir le monde

La fleur inverse

D’un troubadour passeur

De rimes et d’amour zen





un onzain dit « une fois une seule »




chanson zen

BEAUCOUP DE GRAINS À MOUDRE





7





Beaucoup de grains à moudre

Dans le vide du Corona

Même la gorge close

Beaucoup de vers en perce





Beaucoup de zéros à pointer

Au soleil qui se vient haussant

Où l’alouette du troubadour

S’enivre et puis s’oublie

Tant la douceur au cœur lui va





Beaucoup de chant que l’on grignote

Soutenu par les cordes du piano

À plein midi à douce voix

Beaucoup d’esprit en nos écrits





Beaucoup de graines à sortir

De nos greniers ès poésies

Les sots ont peur claquent des dents

Leur vie obscure n’est que ratures





Beaucoup de pain à sortir du fournil

Craquant sentant les poutres enfumées

Et les grillons des Effarés

Beaucoup de joie que nul ne voit

À partager





citations :

Jacques Pelletier du Mans Bernard de Ventadour Arthur Rimbaud

ATTENTION APPROPRIÉE





Attention appropriée

Formule des chercheurs

En science littérature poésie





Ainsi cette forme de poème

Que je creuse et remets

sur le métier





Comme si elle devenait

indépendante de mon identité





Mais ce n’est pas si simple

Mis en jeu le « je

comme un autre »

mis en abyme

coexiste

avec la langue en mouvement

et l’histoire

avec ou sans sa grande H





Attention appropriée

c’était celle assurément

de nos troubadours

qui de trobar leu en trobar clus*

inventèrent à leur manière

excusez du peu…

la courtoisie en amour









trobar leu : une forme accessible au sens commun

trobar clus : une forme « hermétique »

si l’on peut oser cet anachronisme