Admettons qu’elle reviendra, la paix des champs, après celle des braves. Où est-elle aujourd’hui, chancelante égarée parmi décombres et gravats enfantés par des bombes ? Elle erre un peu démente et cherche son salut au sol profond des peuples où l’espoir invaincu redresse une pensée imaginée soumise. Un homme qui a peur se convainc d’être grand par la terreur qu’inspire sa froideur de guerrier amouraché du pire. Il porte avec raideur le défaut de son être : son règne de tyran lui-même le calcine, car il n’a plus d’amis, n’ayant que des complices. Les plus funèbres prévisions ne sont pas les plus sûres. S’il trouve une ancre de bonheur dans son courage de révolte, tel peuple qui se sauve au prix du risque de sa vie exigera que soit la paix dûment rendue sans esclavage. André Ughetto 8 avril 2022
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ÉCRIRE DES POÈMES
C’est dur d’écrire des poèmes Mais on fait ce qu’on peut Simplement on s’applique De Poésie on joue le jeu En puisant dans les rimes Et le vocabulaire Les vocables en aime Les mots du dictionnaire De A comme abîme à Z comme zultime Et à la fin par honnêteté On fait suivre la dernière ligne de l’adjectif… inachevé
IL NE PLEUT PLUS DEPUIS QUARANTE JOURS
Il ne pleut plus depuis quarante jours C’est le déluge à l’envers Noé pleure ses bêtes qui crèvent une à une Dans les grasses prairies transformées en désert Il ne pleut plus depuis quarante nuits Les sorciers font des salamalecs Les sourciers cassent leurs baguettes On ne sait plus quel saint d’eau invoquer On essaie Nougaro La pluie fait des claquettes On rechante Bécaud Le jour où la pluie viendra Pluie ô pluie ô pluie ô pluie ô pluie ô pluie Gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau Miracle il pleut averse averse averse à verse Mais pourquoi bonguieu n’a-t-on pas pensé plus tôt à Raymond Queneau !
POÈMES EN VOIE D’EXTINCTION
Poèmes nécessitent Rumination et méditation C’est pour cela Que dans une époque Qui nous mitraille De tweets et d’agressions verbales Ils sont une espèce En voie d’extinction Enfants des mille désordres Nous étions secourus Par la pratique de la récitation Et du fou rire Quand la hache du non-sens Nous faisait dérailler Disant un mot pour un autre Enfants aux cheveux blancs Nous sommes l’immense minorité Qui persistons Cousant le monde de mille pièces À contre temps À contre courant Dans les remous Qui nous portent Ou nous noient
LA MUSE ALEXANDRINE
J’ai encore marché toute la nuit sans toi En restant immobile dans mon lit rêvassant J’ai marché sur la dune qu’on nomme le Pilat Sans me faire de bile puisque tu n’es plus là J’ai marché sur la lune comme Armstrong et Aldrin Faisant des sauts de puce avec l’ami Pierrot Ranimant sa chandelle pour écrire ces mots Au chevet de sa muse Madame Alexandrine Les temps sont difficiles pour ceux qui l’aiment encor Qui la choient qui l’entraînent dans des vers sautillants Qui lui cueillent des fleurs de houx et de bruyère Qui méditent en marchant lisant et écrivant Sonnets crépusculaires ou soleils persistants Sur les pages de rêves écumant sur nos grèves