Une non-phrase commence son décollage
Venue d’une encre vagabonde
Cherchant en aveugle ses images
Leur je-ne-sais-quoi et leur presque-rien
Leur voix murmure, rebelle aux mots de la tribu,
ce poème en prose, qui peu à peu prend son envol…

Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour
Une non-phrase commence son décollage
Venue d’une encre vagabonde
Cherchant en aveugle ses images
Leur je-ne-sais-quoi et leur presque-rien
Leur voix murmure, rebelle aux mots de la tribu,
ce poème en prose, qui peu à peu prend son envol…

Comme neige les mots fondent
Sur la page vierge
Comme des bulles du Japon
Des haïkus langoureux
Et le chœur des petites voix
Secrets amours
Les secrets taire
En écrivant
Ces quatre vers
Amours secrètes
C’est plus correct
La langue court
Sur le papier
Et dans la tête
Fait des calculs
De géomètre
J’entends encore
Le grain de voix
Du professeur
Faisant leçon
Sur exceptions
Orthographiques
Un ange passe
Il n’a pas d’ailes
Mais le visage
Illuminé
Par des couleurs
Quasi orphiques

Buccale, gutturale, produite par le souffle pulmonaire, la voix humaine est le corps du langage
Par contraste, un tel appelle l’écriture, la morte voix
Une stupidité quand l’écriture, faite pour voir et pour entendre, produit dans la poésie la plus pure, la plus élaborée, cette jouissance issue du rythme et des mots choisis pour leurs capacités euphoniques, suggestives, érotiques, métaphoriques :
La vie est vaste étant ivre d’absence
Et l’amertume est douce et l’esprit clair.
à petits pas
à pas comptés
à pas rythmés
comme les pieds
antiques : spondées
dactyles et peste
des anapestes
à pas chaloupés
à la manière
d’un funambule
qui danse sur un fil
de la grosseur d’un doigt
à pas de chance d’exister
sur les chemins
d’une écriture errante
mais qui cherche
jusqu’au bout
un mot après l’autre
à aller de l’avant
