HEUREUX HASARD

Ma mémoire adore écrire au hasard dans la nuit

L’autre nom du hasard est le jeu de dés

Un coup l’on perd un coup l’on gagne

Un coup ça casse un coup ça passe

C’est la bonne rencontre au coin de la rue

C’est l’écriture d’un vers heureux

Ou qui ne vient jamais

Jamais un vers heureux

N’abolit le hasard

De l’avoir trouvé

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-ENCORE HEUREUX ?

–Oui si l’on veut.

-Encore enfant ?

-Là tout à fait.

-Encor langage ?

-J’y touche un peu.

-Encore en vers ?


-Oui je les tourne.

-Le cœur battant ?

-Cherchant le rythme


Le swing du jazzman.

–Encore en lutte ?

-Toujours en butte

aux lazzi des Nantis


-Encore vierge ?

-Et vivace aujourd’hui

AVEC GUILLAUME APOLLINAIRE

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Avec Guillaume Apollinaire

À la fin tu es las de ce monde ancien (n’oublie pas la diérèse de ce bel alexandrin « an-ci-in »).
Nous l’avons récité maintes fois et tu sais bien qu’il s’agit de « Zone », le poème liminaire d’Alcools.
Tu vois cette nuit j’ai replongé, corps et biens, dans l’œuvre multiple, spontanée et savante de ce diable de Guillaume le dernier empereur de la poésie française.
(On enterra Apollinaire deux jours après l’Armistice du 11 novembre 1918 ; dans la rue tous ses proches et les anonymes qui accompagnaient Guillaume au père Lachaise entendirent : « À mort Guillaume ! À mort l’Empereur ! », c’est du kaiser qu’il s’agissait).
Apo humain trop humain qui fit moultes jeux d’amour, sous toutes ses formes, sans oublier la mourre, jeu du nombre illusoire des doigts.
Apo ou Gui, comme il signait parfois ses lettres à Lou, fit feu de tout bois, « chef d’un orchestre d’une étendue inouïe ».
Critique et inspirateur de l’art nouveau, des peintres cubistes, du naïf Rousseau et de l’art nègre que l’on dit aujourd’hui « premier ».
J’aime à dire que ce fut le dernier d’une longue lignée à qui l’on peut discerner sans rire le titre de « poète ».


RIEN N'ÉTAIT ÉCRIT
travail au long cours
JJ Dorio

VIVRE TOUT UN LIVRE

De vivre je fais tout un livre

Je ne devrais pas l’écrire

Mais le dire dans le noir

Sans qu’il y ait de témoins

Histoire d’amortir les chocs

Avec le réel et la réalité

Qui me font pan sur le nez

Ça saigne un peu évidemment

J’éponge avec du coalgan

Et je laisse mes phrases velleitaires

Brûler dans l’atmosphère

C’est ça vivre au cœur d’une langue

Un langage qui vient tout seul

Sans qu’on le cherche ou le demande

CE QUI EST TU N’EST PAS DIT

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Tu joues à qui perd gagne
Ce qui est tu n’est pas dit
Tu revois le couple de fous de Bassan
Dans la crique de la Redonne
Où descendait Blaise Cendrars
Tu entends suraigus les martinets
Tu fouilles piques et piètes
Tu te souviens du toucan porté sur l’épaule comme Crusoé
Tu croises les perruches du llano un soir de mai 1969
Tu entends la voix de la dernière indienne de la Terre de Feu


RIEN N'ÉTAIT ÉCRIT
Des pronoms personnels
Travail au long cours

CERVEAU TRUMPIEN

Des tests pratiqués par l’Intelligence Artificielle durant le discours d’investiture du 47e président des E.U. ont montré que le cerveau trumpien n’est pas plus gros qu’une noisette

Voilà donc ce qui entraîne le triomphe porté par la populace en extase du mensonge de la violence du cynisme du racisme du sexisme de la détestation du droit et de la recherche scientifique

Lorsque la vertu qui fait la force de la République cesse l’avarice entre dans tous les cœurs La République est une dépouille sa force n’est plus que dans le pouvoir de quelques oligarques fous

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La trumpolatrie contemporaine me déconnecte absolument .

Pour Elon, ce qui est choquant dans sa gestuelle, c’est une exaltation toute  » adolfique « .

…….

Donald l’idiot très utile aux géants de la tech qui parient sur la recombinaison accélérée des savoirs,

heureusement que l’art c’est un peu plus que de faire des images,

elle restera artificielle cette intelligence, mais elle « trumpe » son monde.

Michel Chalandon